Critiques

Guided By Voices

Surrender Your Poppy Field

  • GBV Inc.
  • 2020
  • 39 minutes
6,5

Mené par Robert Pollard, Guided by Voices a sorti son vingt-neuvième album studio en un peu plus de trente ans : Surrender Your Poppy Field. Si certains artistes ont d’autres loisirs comme jouer au golf ou élever des abeilles, le groupe prolifique de Dayton, Ohio, passe son temps libre à enregistrer de la nouvelle musique… comme si les membres étaient constamment en quarantaine. En effet, GBV sortira deux autres disques au cours de cette année. 

Depuis ses tout débuts, Guided by Voices a trouvé sa propre identité qui a fait sa marque de commerce. La recette gagnante? Des courtes mélodies accrocheuses énergiques, un son lo-fi granuleux et des paroles légères et surréalistes. Une formule évidemment reproduite sur Surrender Your Poppy Field sur lequel émane un rock alternatif lo-fi typique des années 90, mais qui vieillit avec un charme nostalgique indémodable telle un hymne au cool de cette décennie.

Une formule facile à recréer selon Tim Heidecker de Tim and Eric… Est-ce que « The bumble-man from tinfoil reason » ressemble à ce que fait Guided by Voices? Oui. Est-ce que ce sont de vraies paroles? Malheureusement non. Ce genre de poésie cryptique et amusante se retrouve suffisamment sur l’album, comme dans la folkesque Steely Dodger (« Sweetened, untempered Flesh lotus and moose Chomping on chicken On the back of a caboose ») ou bien sur l’hypnotique et délicate Cat Beats a Drum (« Cold wet grass between my toes Walt Whitman blows his nose »), mais aussi dans les aventures obscures des personnages colorés tirés de l’imagination fertile de Pollard : un certain Nelly a pété un câble et un Arthur manigance quelque chose dans un autre monde…

Si l’album ne se différencie pas particulièrement du reste de la discographie du groupe à la première écoute, quelques chansons s’en distinguent tout de même comme Stone Cold Moron avec ses accents de rock abrasif qui complètent bien ses paroles directes (« Stone cold moron Get out of my way »). Sans jamais s’aventurer bien loin, le groupe répète son style et produit de légères variances agréablement créatives comme les tournures soudaines plus hard rock qu’à l’habitude sur Year of the Hard Hitter.

Comme la plupart des albums de Guided by Voices, Surrender Your Poppy Field procure une agréable écoute sans en être une renversante ni mémorable. L’album parfois redondant ne révolutionne rien. Les plus grands fans vont se régaler des nouvelles chansons à se mettre sous la dent, alors que les autres pourront faire rejouer Bee Thousands ou Earthquake Glue sans trop remarquer de différence. La critique la plus facile serait de reprocher au groupe de toujours faire la même toune, mais bon… c’est quand même une maudite bonne toune.