Critiques

Fu Manchu

Clone of the Universe

  • At The Dojo Records
  • 2018
  • 38 minutes
5,5

Pour moi, les dernières 4-5 fois que Fu Manchu a sorti des albums, c’était un peu comme le jour de la marmotte. Aux premières écoutes, sautadine que je m’ennuie d’écouter une après l’autre les nouvelles compositions interchangeables pourtant légendaires du groupe californien. Puis, je réalise que je n’écoute pas l’album assez fort… je corrige le tir, j’ai un peu plus de fun, mais rapidement je tablette le disque et je retourne à California Crossing au besoin.

Avec Clone of the Universe, c’est la même chose. Et le premier élément de déplaisir revient comme un mauvais goût dans la bouche : le chant de Scott Hill ne cesse de décliner à un point où on l’entend presque dans le mix jeter la serviette sur sa propre performance.

À la sortie de Gigantoid en 2014, la voix m’avait aussi rebuté, mais j’étais surtout las de la majorité des titres par leur profond manque d’originalité et leur livraison sur le proverbial pilote automatique. Un point m’avait frappé toutefois, et j’en faisais d’ailleurs mention sur cette humble page, l’expérience d’écoute du « nouveau répertoire » de Fu Manchu semble se bonifier considérablement dès que le groupe compose un morceau sortant du cadre « toune de 2:50 rapide, mais costaude». Le phénomène s’observe encore sur Clone of the Universe.

Seulement deux titres excèdent un chrono de 3:30 ici et ce sont de loin les moments les plus excitants de ce Clone of the Universe. Sur Nowhere Left to Hide (4:18) et Il Mostro Atomico (18:07), Fu Manchu prend son temps, place ses morceaux et fignole son approche en évitant les réflexes d’un groupe qui, aussi colossal soit-il pour la scène « desert » et stoner américaine, montre aujourd’hui des signes d’usure du temps.

Ces deux morceaux ne parviennent peut-être pas à sauver l’album, malgré les excellentes nouveautés qu’elles amènent au son du groupe, mais elles s’inviteront dans mes listes de lectures, c’est assuré.

En y pensant bien, j’en viens à me demander si le « desert rock classique » que pratiquent Fu Manchu et ses épigones n’est pas condamné à cette redondance auto-référencée. Ces groupes ne privilégient-ils pas au final la pesanteur du riff aux dépens d’une structure instrumentale et mélodique originale ?

Je pense que j’ai ma réponse. Et pour avoir critiqué les trois derniers albums de Truckfighters, plus digne descendant de Fu Manchu, force est d’admettre que le groupe suédois est lui aussi de moins en moins innovant. Dommage.

Bref, Fu Manchu, c’était ben meilleur dans le temps.

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