Critiques

Frank Turner

Be More Kind

  • Polydor Records
  • 2018
  • 46 minutes
7

L’auteur-compositeur-interprète Frank Turner, éternel inclassable, souvent qualifié à défaut de folk-punk (à mi-chemin entre Bob Dylan et Anti-Flag) revient avec son septième album : Be More Kind. 

“Soyons plus gentils” donc. Tout au long de sa carrière, le Britannique n’a cessé d’être un humaniste convaincu au discours revendicatif, mais toujours intelligent. Un vrai rebelle qui sait faire réfléchir et avancer le débat à l’inverse de certains groupes punk qui se prétendent subversifs en se teignant les cheveux en rose et en versant dans la provocation facile et de mauvais goût. Ceci étant dit, il est temps de se poser une question : est-ce qu’à l’aube de ses 40 ans, le chanteur s’est assagi ?

Difficile à dire. Au niveau de son discours, sûrement pas. L’homme est toujours cohérent dans son propos et croit dur comme fer en l’être humain (même dans ses moments les plus sombres). Il n’y a qu’à voir dans sa chanson d’introduction de l’album Don’t Worry :

Don’t give up if you just can’t get your way
Don’t listen to the bitter things they say
Put those thoughts behind you
Tomorrow’s a new day

Ou dans le titre éponyme Be More Kind. Une gentille ballade pleine d’espoir. Car c’est là, le véritable cœur de cet opus : l’espoir.

Partout, tout le temps, à chaque coin de rimes, chaque parole est là pour nous redonner confiance, croire en nous plutôt qu’en des concepts fumeux. Et surtout être plus gentil. Au quotidien, donner plutôt qu’attendre de recevoir. Ce sont les petits gestes qui font les grandes actions et par-delà les grands Hommes. C’est ce message que le chanteur tente de faire passer avec brio dans cet album.

So far from okay, tongue-tied and afraid
The big things stay the same, let us make

Little changes
Little changes
Come on let’s make some little changes
It’s time to make some little changes

Little Changes

Musicalement, c’est plus délicat de se prononcer. En effet, le musicien a toujours navigué dans plusieurs styles en faisant toujours ce qui lui plaisait. Dans Be More Kind, on passe vraiment du tout au tout. Les fans de la première heure apprécieront le brûlot punk 1933 – qui traite de la montée des extrêmes partout dans le monde – tandis que ceux qui le découvrent se plairont à écouter le titre teinté d’électro Make America Great Again – qui s’adresse à notre aimable voisin orange –ou le tube pop Brave Face qui semble sorti tout droit d’une comédie romantique.

Quoi qu’il en soit, certains vont adorer certaines chansons et en détester d’autres et inversement. Ce qui est sûr, c’est que cet album ne laisse pas indifférent et que Frank Turner s’est vraiment investi dans ce disque. Peut-être même plus que les précédents.

À titre personnel, je pense que Be More Kind, va au départ, interloquer par son éclectisme, puis avec le recul sera considéré comme un album novateur voire visionnaire comme a pu l’être Indestructible de Rancid ou le mythique Highway 61 Revisited de Dylan.

Bref, ce qui ressort véritablement de cet album, c’est son discours humaniste et universel. De l’espoir encore et toujours. Indéfectible, indestructible, de l’espoir dans sa forme la plus pure.

Et par les temps qui courent, ça ne fait pas de mal, bien au contraire.

Donc, soyons plus gentils.

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