Critiques

Elephant Stone

The Three Poisons

  • Hidden Pony Records
  • 2014
  • 41 minutes
7

elephant-stone-3-poisonsLe trio rock psychédélique canadien, incorporant des instruments issus de la musique traditionnelle indienne (sitar, tabla, dilruba, etc.), nommé Elephant Stone, lance cette semaine son troisième album studio intitulé The Three Poisons. En février 2013, la bande formée de Rishi Dhir, Miles Dupire et Gabriel Lampert avait fait paraître un éponyme fort potable qui reluquait vers les sonorités sitedemo.caiguées par les Black Angels et Brian Jonestown Massacre de ce monde; sans oublier l’ascendant Stone Roses qui constitue la pierre d’assise du son d’Elephant Stone.

D’entrée de jeu, on remarque une réalisation largement supérieure à celle du précédent effort: section rythmique béton, spectre sonore beaucoup plus vaste, son clair et limpide viennent agréablement fertiliser ce The Three Poisons. D’autre part, le sitar de Rishi Dhir vient jouer une rôle crucial sur certains morceaux d’importance, entre autres, sur la pièce d’ouverture Motherless (Love’s Not For War) de même que sur la narcotique Child Of Nature (Om Nava Shivaya), celle-ci bonifiée par un simple, mais superbe riff de guitare en introduction.

Cette offrande met parfaitement en lumière les compétences techniques d’Elephant Stone. Ces musiciens proposent un album puissant, parfois pulsatif (voire Knock You From The Mountain) et qui assimile impeccablement les influences musicales évoquées préalablement; une conception sonore juste assez cannabisante qui renferme quelques moments «gospelisants» mettant en vedette des chœurs féminins qui enivrent. Voilà pour la partie positiviste du texte!

En ce qui concerne les éléments dits «pernicieux», votre auguste critique croit que le léger impair se situe au niveau de cette écriture chansonnière un peu moins souveraine que celle proposée lors de la tentative antérieure; Elephant Stone préférant miser sur les atmosphères anesthésiantes (incluant quelques effluves shoegaziennes) que sur un songwriting pop opérant. Même si on comprend parfaitement la démarche, ça pourrait relativement désarçonner ceux qui avaient affectionné la pop psychédélique très Stone Roses de l’essai antérieur.

Qu’à cela ne tienne, ce The Three Poisons, même s’il demandera un effort auditif plus soutenu, atteint tous ses objectifs artistiques; une convaincante mixture de pop, de psychédélisme, de shoegaze qui s’écoutera très bien un paisible week-end… accompagné bien entendu de tabac désopilant! Parmi les ritournelles prisées à ajouter à celles soulignées précédemment, on a eu un faible pour la très Dandy Warhols titrée All Is Burning, la très Stone Roses nommée Wayward Son, la pièce-titre Three Poisons ainsi que le penchant Madchester évoqué sur Between The Lines. Un moment anémique? La mièvre et quelconque Worlds Don’t Begin And End With You.

Ceci dit, ne boudez pas votre plaisir, car Elephant Stone, sans faire un bond significatif vers l’avant, conserve intacte cette capacité à immerger les mélomanes dans un psychédélisme recelant de bien beaux instants de modernité. Comparativement à certaines parutions bêtement passéistes/vintage, Elephant Stone fait un effort irréfutable afin de moderniser le genre musical. Satisfaisant!

Ma note: 7/10

Elephant Stone
The Three Poisons
Hidden Pony Records
41 minutes

www.elephantstonemusic.com

https://www.youtube.com/watch?v=kfHJ-1VQMVU

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