Critiques

Elephant Stone

Hollow

  • Elephants On Parade
  • 2020
  • 40 minutes
7

Mené par Rishi Dhir, Elephant Stone a toujours joui d’une réputation enviable auprès d’une certaine confrérie de musiciens oeuvrant dans le rock psychédélique. En tournée, la formation a fait la première partie des Black Angels, The Brian Jonestown Massacre, etc. Même Beck a permis au groupe de se faire connaître auprès d’un plus grand nombre de mélomanes.

Après un premier album (The Seven Seas) et un album éponyme détenant une signature mélodique fortement inspiré des Stone Roses – disque paru en 2013 –, Elephant Stone s’est ensuite affairé à se doter d’une véritable identité sonore. En 2014 paraissait The Three Poisons; un disque mieux réalisé et qui laissait présager le meilleur pour les Montréalais… mais le virage pop synthétique proposée sur Ship of Fools (2016) avait laissé l’auteur de ces lignes sur son appétit.

Dhir et ses acolytes reviennent avec un nouvel album intitulé Hollow. Ce nouvel opus a été entièrement enregistré au studio Sacred Sound (studio appartenant à Dhir) et réalisé par le meneur lui-même. Cette approche a sensiblement modifié la dynamique créative du groupe, surtout avec un « patron » qui assume encore plus ses choix !

Cette fois-ci, Elephant Stone retourne à un rock psychédélique plus traditionnel (sans verser dans une esthétique lo-fi) et propulse sa musique dans un espace interstellaire plus léchée. Les ambitions de ce Hollow sont on ne peut plus claires : « Il s’agit d’un album concept simple […] Il y a beaucoup de gens qui essaient de trouver une solution. Ils cherchent du sens, quelque chose en quoi croire… Nous voulons tous la même chose, mais nous essayons de l’atteindre de manière différente. C’est dans cet état d’esprit que nous avons écrit et enregistré Hollow », explique Dhir.

Hollow raconte l’histoire des innombrables dettes écologiques survenues après la destruction de la planète Terre par l’humanité. L’élite responsable de ce désastre climatique découvre alors une « nouvelle Terre » dotée de la même espérance de vie que celle que cette même élite vient d’anéantir par des décisions irresponsables. Et ça donne un album ambitieux, dystopique, aux accents aussi rock (House on Fire) que pop (The Clampdown). Une création qui n’atteint pas toujours la cible, mais qui a le mérite d’être animée par un réel désir de passer un message.

Divisé en deux parties distinctes (amateurs de vinyles, vous êtes prévenus !), le premier segment, intitulé The Beginning, débute avec l’accrocheuse Hollow World et se termine avec We Cry for Harmonia, une excellente chanson pop psychédélique. On offre également un coup de chapeau bien senti à l’intervention du sitar dans Land of Dead; l’instrument de prédilection de Dhir. Le deuxième segment, titrée simplement The Ending, s’amorce avec Harmonia – comme si un « Nouveau Monde » voyait le jour – et se conclut avec l’aérienne A Way Home.

Évidemment, Hollow prend tout son sens si on l’écoute du début à la fin sans interruption. Même si un certain éclectisme stylistique caractérise cette nouvelle parution (pop, rock, psychédélisme, space-rock, synthpop, etc.), Elephant Stone demeure intelligible grâce à ce concept d’album simple, mais qui parle au plus grand nombre.

Sans être un disque d’exception, Hollow mérite qu’on y retourne plus d’une fois. C’est probablement le meilleur effort de la formation et ce n’est pas étranger au fait que Rishi Dhir assume pleinement le rôle de réalisateur.

Avec Hollow, Elephant Stone se positionne confortablement entre ce que crée Tame Impala et The Brian Jonestown Massacre.

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