Critiques

Elder

Omens

  • Armageddon Records
  • 2020
  • 56 minutes
8,5
Le meilleur de lca

Moins de dix mois après avoir lancé un EP-surprise instrumental, Elder est de retour avec un nouvel album complet, Omens. Avant de parler de ce magnifique nouvel effort, revenons un peu en arrière, pour mieux comprendre comment ce dernier s’inscrit dans l’évolution du groupe. 

Elder a émergé en 2008 sur la scène stoner/doom américaine, se faisant remarquer avec un premier album trempé dans le fuzz. Le groupe mené par Nick DiSalvo n’a pas, à l’époque, encore beaucoup d’expérience (les gars sont encore vraiment jeunes), mais déjà leur talent ne fait aucun doute. 

C’est Dead Roots Stirring (2011) qui confirmera l’excellence du trio. Les riffs y sont plus développés et plus diversifiés, Elder s’aventurant désormais sur des terrains hard rock et psychédéliques, et les mélodies sont nettement mieux construites. 

C’est toutefois sur Lore (2015) que le groupe réalisera son plein potentiel en termes d’écriture et de composition. Cet album a d’ailleurs été sacré album de la décennie par la publication ultra spécialisée (mais ultra pertinente aussi) The Obelisk. 

Par besoin de renouveau, après Lore, Nick DiSalvo et sa bande ont engagé un guitariste/claviériste et leurs nouvelles expérimentations les ont menés vers des contrées à défricher. Le résultat est Reflections of a Floating World (2017), un exercice de rock progressif moderne, quoique touffu, mais qui marque néanmoins un nouveau départ prometteur. 

Arrive donc dans ce contexte le EP The Gold & Silver Sessions, l’an dernier. Le groupe, maintenant partiellement établi à Berlin, a raffiné son exploration en resserrant son processus de composition. Le résultat est étonnant : on reconnaît bien Elder, mais leur son y est désormais plus expansif et les montées en intensité sont plus nuancées. 

Bref, The Gold & Silver Sessions, c’était le détour obligé pour qu’Elder passe de Reflections à Omens. Le groupe a habilement su intégrer les ambiances et claviers à ses nouvelles compositions sans toutefois s’éloigner trop de son intention rock. Avec Omens, Elder réalise encore une fois les promesses des précédents efforts, de la même manière que Lore l’a fait précédemment dans leur carrière. 

Une des forces d’Omens réside dans sa capacité à nous faire voyager sur différents tableaux, sans non plus nous entraîner trop loin dans des couches de guitares et de claviers. Elder a réussi à assembler un album à la fois aérien et extrêmement accrocheur, ce qui n’est pas une mince tâche.

Seuls le temps et un peu de perspective pourront nous dire si Omens est le meilleur album d’Elder, mais on peut toutefois affirmer dès maintenant qu’il est leur projet le plus abouti (pour ne pas dire mature… si cette expression n’était pas archibrûlée). 

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