Critiques

DIIV

Is The Is Are

  • Captured Tracks
  • 2016
  • 60 minutes
6,5

La première offrande de DIIV, titrée Oshin, avait ravi votre «gentil» critique. Ce mélange de pop rêveuse associée à des guitares shoegaziennes (assez proprettes manifestement) faisait le travail adéquatement malgré la linéarité des chansons. C’est en spectacle que le bât blesse pour la formation. L’incohérence et l’inconstance, liées directement à l’abus de drogues dures et d’alcool du meneur de la formation, Zachary Cole-Smith, ont caractérisé le travail du groupe en concert. Si on ajoute à cela l’acharnement médiatique au sujet du principal intéressé, combiné à une attitude de victime un peu forcée, disons que la réputation de DIIV n’est pas des plus reluisantes.

C’est vendredi dernier que se révélait Is The Is Are, un disque ambitieux de 17 chansons qui dépasse la barre des 60 minutes. C’est beaucoup de musique pour un groupe qui a des problèmes personnels et musicaux à régler. Pour être franc, disons que DIIV n’est pas le band le plus «tight» en ville. Après les cures de désintoxication de Cole-Smith et de son acolyte Andrew Bailey, est-ce que DIIV livre la marchandise? À ma grande surprise, je m’attendais à pire et la formation se tire somme toute bien d’affaire.

DIIV nous offre sensiblement la même recette sonore: voix enfantines mixées à l’arrière-plan, guitares arpégées, cristallines et parfois même un peu dissonantes/noisy et sur ces deux aspects, c’est réussi. Évidemment, ce n’est pas sans faiblesses. La section rythmique ultra rectiligne et un peu tressautante (voir le jeu de batterie en conclusion de Mire (Grant’s Song)) est venue amenuiser quelque peu mon appréciation de cette sitedemo.cauction. Rien de bien grave, car le jeu des deux guitaristes est fort à propos.

Au fil des écoutes, je me suis demandé si Cole-Smith ne serait pas mieux servi par des musiciens nettement plus compétents, permettant ainsi à ses chansons de respirer un peu plus et surtout d’anéantir cet agaçant effet de linéarité qui se dégage de sa musique. Cependant, je ferais preuve d’une mauvaise foi crasse si je vous disais que ce disque est mauvais. Je ferais partie de ces médias «dits influenceurs», qui justement, se laissent influencer par ces incessants potinages et ragots proférés inutilement sur la vie intime de Cole-Smith. Je n’ai pas envie de participer à ça.

DIIV n’est pas un mauvais groupe, tant s’en faut. Le seul défaut majeur de ce Is The Is Are, c’est son ambition, un disque beaucoup trop long pour les capacités de ces jeunes musiciens. Cela dit, les Dopamine, Blue Boredom (avec Sky Ferreira), Take Your Time, Mire (Grant’s Song) et Loose Ends viendront combler autant le vieil adepte de shoegaze duveteux que le jeune morveux qui avait apprécié Oshin.

Ceux qui souhaitaient la crucifixion de DIIV devront sagement attendre. Maintenant, il s’agit pour eux d’améliorer grandement leurs prestations scéniques erratiques et de faire la démonstration qu’ils sont en mesure de faire preuve d’un certain savoir-faire. Au risque de décevoir les fans, rien n’est moins sûr… Bon disque quand même.

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