Critiques

Crédit : Benjamin Gibbard

Death Cab For Cutie

Asphalt Meadows

  • Atlantic Records
  • 2022
  • 42 minutes
6

Mine de rien, Ben Gibbard enregistre de la musique sous le nom Death Cab for Cutie depuis maintenant 25 ans. Une dizaine d’albums plus tard – et quelques-uns ayant atteint le statut de culte pour de nombreux millénariaux ayant connu des échecs amoureux au début des années 2000 – où le groupe en est rendu en 2022? Pas mal au même endroit qu’il y a une dizaine d’années, disons.

Le tout débute avec une certaine énergie. I Don’t Know How to Survive n’a pas un refrain particulièrement accrocheur, mais on y entend une dynamique intéressante avec l’ajout de quelques couches de distorsion ici et là. La même chose pourrait être dite pour la suivante, Roman Candles. Mais au final, on lève le pied de la pédale d’overdrive assez rapidement et notre ami Ben revient à ses pantoufles. On plonge dans la pièce éponyme avec un certain intérêt avec ses beaux arrangements et la voix juste de Gibbard, mais, encore une fois, le refrain est plutôt oubliable. On peut aussi contester le choix de désigner la chanson Here to Forever comme un des simples de l’album pour les mêmes raisons.

D’autres pièces, comme Rand McNally, Foxglove Through The Clearcut ou Fragments From the Decade sont carrément d’un ennui mortel. Quatre ans après Thank You for Today, et une pandémie mondiale, il semble que le groupe n’ait pas eu le temps ou l’inspiration pour écrire d’autres chansons plus mémorables et garder celles-ci pour une réédition de b-sides.

Bizarrement, ce sont certains morceaux qui seront un jour considérés comme des deeps cuts qui sont les plus intéressants. Pepper est un bon exemple. Courte, efficace et en subtilité, elle vient sauver la mise en milieu de parcours. I Miss Strangers, un autre morceau plus rock, vient également nous sortir de notre torpeur.

Death Cab for Cutie ayant l’habitude de fermer leurs albums avec une pièce plus acoustique change un brin la tradition avec I’ll Never Give Up On You, morceau fortement travaillé en studio, mais qui ne vient pas sauver son absence d’élément mélodique.

Pour un groupe aussi établi, les attentes sont habituellement élevées. Malheureusement, il semble que pour leur dixième album, le groupe n’a pas trouvé le bon équilibre entre tradition et innovation.