Critiques

Wire

Silver/Lead

  • Pinkflag
  • 2017
  • 37 minutes
7

40 ans de carrière derrière la cravate, un paquet d’excellents disques, dont les célébrés Pink Flag, Chairs Missing et 154 (et Red Barked Tree paru en 2010), la formation Wire ne dérougit pas, proposant création après création, du rock au quotient intellectuel élevé. Depuis 1976, Colin Newman, Graham Lewis et Robert Gray (le groupe est complété depuis 2010 par le guitariste Matthew Simms), ont revêtis différents costumes sonores. Des balbutiements post-punk en passant par quelques incursions dans le krautrock, la récente mouture de Wire a titillé un bon nombre de fanatiques de shoegaze.

La semaine dernière, le quatuor y allait d’un 16e album studio en carrière, intitulé Silver/Lead, qui voit la formation emprunter un virage que je qualifierais maladroitement de « pop-rock pour rockeurs cultivés ». Le mur de son habituel de la formation disparaît quelque peu afin de mettre de l’avant la force mélodique de la formation. Même si les mélodies accrocheuses ont toujours fait partie de l’arsenal de Wire, cette fois-ci, grâce à une approche plus posée, on reste scotché au travail mélodique de Newman et Lewis.

Musicalement, ça demeure toujours aussi binaire et carré. Le jeu de batterie efficace et minimaliste de Robert Gray et les guitares de Newman et Simms (même si elles sont moins explosives) sont du Wire pur jus. Les fans s’y reconnaîtront aisément. C’est l’intention harmonieuse proposée par ces vétérans qui désarçonnent. Mais parce que Wire présente toujours des disques dans lesquels il faut prendre le temps de s’immerger, le temps réussit encore une fois à faire son œuvre. Nos oreilles abîmées par trop d’années de rock tonitruant se sont donc retrouvées avec un autre bon disque de Wire à écouter.

Pas exceptionnel bien sûr, mais pour de vieilles moppes qui ont passé le cap de la soixantaine, je tire ma révérence. Bien des artistes de cette génération sont totalement largués et encroûtés dans un marasme créatif navrant. Pas de ça chez Wire. Si on tient compte que la musique est un art particulièrement bien marketisé qui n’en a plus que pour la jeunesse hyperactive, la bande à Newman n’a pas à rougir de ce Silver/Lead.

Short Elevated Period est parfaitement Wire; un véritable « wall of sound ». Forever a Day est une grande chanson pop-rock au refrain imparable. This Time, même si elle est bâtie sur le même moule que Forever a Day, atteint la cible grâce aux superbes guitares arpégées et au clavier d’ambiance situé à l’arrière-plan dans le mix. Silver/Lead est l’une des rares pièces que j’ai entendues dans ma longue vie de mélomane dont la lourdeur n’est pas édifiée par des guitares abrasives. C’est plutôt la batterie métronomique et le jeu de basse élémentaire qui confère à cette chanson cette pesanteur mélancolique qui séduit.

Est-ce un grand cru de la part de Wire? Pas du tout, mais ce groupe, qui a influencé une litanie d’artistes crédibles, de Blur en passant par Sonic Youth (et plus récemment Savages), est toujours pertinent. Après tant d’années au compteur, très peu d’artistes ont arpenté une trajectoire aussi irréprochable que Wire. C’est pour une énième fois, une autre bonne sitedemo.cauction.

Ma note: 7/10

Wire
Silver/Lead
Pinkflag
37 minutes

http://www.pinkflag.com/

https://www.youtube.com/watch?v=spo8zSPBDlQ

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