Critiques

The Feelies

In Between

  • Bar None Records
  • 2017
  • 43 minutes
7,5

Formée en 1976, la formation états-unienne The Feelies est aujourd’hui considérée comme l’un des porte-étandards d’un certain son « indie-post-punk » machin chouette que des groupes comme Real Estate ou encore Yo La Tengo ont perpétué. Le désormais quintette avait mis fin à ses activités en 1992 après la parution de l’album Time for a Witness… et ils sont revenus à la vie en 2011 avec un nouvel album fort potable intitulé Here Before.

Le son des Feelies est une suite logique de ce que le Velvet Underground avait conçu sur leur paisible 3e album homonyme et ce qui les distinguent est sans contredit le jeu de guitare des deux meneurs : Glenn Mercer et Bill Million. Des arrangements guitaristiques qui évoquent bien sûr le travail de Lou Reed et Sterling Morrison chez le VU. Même si les Feelies n’ont absolument rien inventé, ils ont quand même popularisé (jusqu’à un certain point) un genre musical que je pourrais qualifier de « rock de nerd ».

En prêtant l’oreille aux chansons des Feelies, vous entendrez des progressions d’accords assez prévisibles et minimalistes, mais si vous portez pleinement attention aux guitares, vous entendrez une subtilité que je qualifierais d’étonnante. Sur ce nouveau disque titré In Between, paru vendredi dernier, la recette est intacte, même si le duo Mercer/Billion nous propose des instants plus dynamiques qu’à l’accoutumée. Je pense ici à une pièce comme Been Replaced qui flirte autant avec un je-ne-sais-quoi à la Dandy Warhols (Boys Better sort de ce corps !) que la pop léchée des Go-Betweens.

Mélodiquement, l’ascendant d’un Lou Reed monocorde est toujours dominant. Les mélodies sont simples, voire même enfantines, mais c’est cette sobriété musicale et cette concision des textes qui fait des Feelies un groupe encore pertinent. C’est justement l’absence de virtuosité et ce dépouillement un peu indolent qui me séduisent chez ces musiciens qui préfèrent l’authenticité au fla-fla inutile.

Mes préférés ? Le folk-pop Stay The Course, les très Velvet Flag Days et Gone, Gone, Gone, la tempérée When To Go et le petit penchant country de Make It Clear. Au fond, les Feelies, c’est le format campagnard et paisible du Velvet. Aussi simple que ça.

Après 40 ans de carrière et 6 albums studio bien éparpillés, les Feelies sont encore à la hauteur et c’est grâce au songwriting élémentaire de Mercer et Million. Si vous aimez les guitares rythmiques naïves et superbement malaxées, vous ne pouvez ignorer plus longtemps cette importante formation. Bon disque.

Ma note: 7,5/10

The Feelies
In Between
Bar None Records
43 minutes

http://www.thefeeliesweb.com/