Critiques

Courtney-Marie-Andrews-Old-Flowers

Courtney Marie Andrews

Old Flowers

  • Fat Possum Records
  • 2020
  • 41 minutes
8,5
Le meilleur de lca

Pas de doute, Courtney Marie Andrews a sa chambre à l’hôtel des cœurs brisés. Old Flowers, son septième album paru en juillet dernier, se veut l’autopsie d’une relation qui se termine sans coup d’éclat. Chacune des 10 chansons qui composent l’album cherche à comprendre comment un amour, même porté par les sentiments les plus forts et les plus sincères, peut parfois aller s’échouer dans les habitudes et les détails, ou simplement être emporté par le temps qui passe. Pas de grande tragédie, pas de grande déchirure. Juste une passion qui s’éteint tranquillement, même si la tendresse et l’affection, elles, restent.

« You stay with me, no you never really go,

In the bars out on Broadway, in the chords of this piano

What a God damn mess, fate is such a joke,

But I hope one day we’ll be laughing,

Together or alone »

Together of Alone

Tantôt à la guitare, tantôt au piano, Andrews est accompagnée d’une orchestration dépouillée composée d’une basse, d’une batterie et de quelques touches de pedalsteel ou de synthétiseur. Toute la place est ici donnée à la voix.

La voix de Courtney Marie Andrews est tellement puissante qu’elle pourrait à elle seule booster un char – allez écouter sa reprise de Downtown Train de Tom Waits si vous avez besoin de vous en convaincre. Pourtant, il n’y a pas sur Old Flowers de grande envolée lyrique ni de performance vocale grandiloquente. La voix est souvent posée, tranquille, forte au besoin, mais jamais enflée ni exagérée. Une retenue digne d’une artiste qui n’a rien à prouver à personne.

En ouverture d’album,  Burlap Strings , avec son rythme un peu traînant et son ambiance feutrée, donne le ton à la suite. Tous les morceaux de l’album ont le squelette de la complainte folk. Ce que l’on pourrait qualifier d’« unité », d’autres pourraient aussi appeler « redondance ». Old Flowers, à la fois dans les thèmes qu’il aborde et dans ses arrangements musicaux, n’est pas l’album de la variété et de l’expérimentation. Il faut bien admettre en cela que certaines pièces passent plus inaperçues, et que ceux qui ne s’y retrouvent pas dès le départ auront du mal à se rendre au bout.

Mais ceux qui sont familiers avec le genre savent que la beauté d’une ballade country ne se mesure pas à son originalité, mais à la force avec laquelle le cœur se serre lorsqu’on l’écoute. Il y a des moments qui font mal sur Old Flowers. Together or Alone  peut se lire comme un manifeste des amours malheureuses. Ships in the Night  clôt l’album avec émotions et lucidité, alors qu’Andrews chante à son ancien amoureux « I’m sending you my love but nothing more ». Et If I Told , une magnifique chanson sur les débuts d’une relation vouée à l’échec qui vaut, à elle seule, l’écoute de l’album.

« Is it in the stars or some age old truth?

Why did the universe draw me to you?

You’re so magnetic, I am hypnotized

Feels like I’ve known you since before this life

I hope I always see you this way

Here’s to wondering if you feel the same »

– If I Told

Courtney Marie Andrews a beau avoir tout juste 30 ans, sa voix, elle, n’a pas d’âge. Une voix qui brille dans le noir, aux côtés de celles des reines du country et de l’Americana que sont Emmylou Harris, Joni Mitchell et June Carter. Et qui brillera pour longtemps encore.

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