Critiques

chez rico

avr

  • Indépendant
  • 2018
  • 24 minutes
8
Le meilleur de lca

Les nuits se réchauffent. Chaque coucher de soleil goûte un peu plus l’humidité qui deviendra insoutenable en juillet. Si vous me cherchez dans les prochains mois, après 17 h, je suis sur mon balcon poussiéreux, avec un verre d’apérol spritz. Accompagnant les cocktails, avr, le dernier mixtape et/ou ep et/ou album de chez rico (anciennement Noo-Bap ). Accord soleil orangé, breuvage pétillant et rythmes mielleux.

La pièce titre ouvre l’offrande en donnant le ton : des membranes de tambours qui vibrent, un homme qui s’exclame, alors que d’autres petits détails de percussions se mélangent aux bruits d’une jungle probablement brésilienne. Suit tfb où l’orgue adoucit tout, de la grosse caisse à la séance de jeu hebdomadaire entre une femme et son chien.

On entendait déjà le penchant de rico pour les rythmes brésiliens dans son projet de 2014 où il remixe avec panache le même vivant qu’est Gucci Mane. Aucun invité ou emprunt vocal pour avr. Une décision qui met encore plus en évidence la maîtrise mélodique et rythmique du producteur montréalais pour créer des petits moments de perfection lounge. Simplement avec une trame sonore dépouillée et charmante tout devient plus intéressant. On ne sait pas si l’on pénètre dans une forêt reculée, ou juste dans un boisé au coin de la rue, mais c’est seulement ici où l’on peut entendre un pic-bois accompagnant une basse électro. Les pièces s’adaptent à n’importe quel situation ou environnement pour leur donner une trame sonore élégante.

swt reste en équilibre entre les ambiances de Brian Eno et l’instinct house de Four Tet. Le piano qui apparaît en milieu de parcours est spectaculaire par sa retenue. À peine effleurées par rico, les touches du clavier laissent échapper une suite de notes complexes, mais sans s’envoler dans un solo jazz fusion indigeste. Juste assez acidulé, comme l’olive dans ma consommation favorite.

En écoutant avr tout semble baigné dans une lumière dorée. Les atmosphères que chez rico réalise sont à la fois familières et étonnantes. Terminant le projet ovr entame une progression house plus classique, et purement électronique, qui s’enchaîne en une transition rythmée par une guitare sèche presque solitaire. D’une simplicité séduisante, comme un air de João Gilberto ou une pièce de Nicolas Jaar. Une sortie surprise pour chez rico que vous voudrez comme ajout à vos soirées publiques ou intimes, parfois collantes, estivales.

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