Critiques

Brody Dalle

Diploid Love

  • Caroline Records / Queen of Hearts
  • 2014
  • 42 minutes
6,5

brody-1397765390Au risque de faire tiquer ou enrager les amateurs de mademoiselle Josh Homme, il m’arrive souvent de la comparer à Courtney Love.

Allons, allons du calme. La comparaison a quand même beaucoup de sens quand on y pense. Les deux femmes ont presque exactement le même timbre de voix et ont rocké plus fort que des «dudes» à guitares à un moment de leur carrière. Les deux se sont servies de leur crédibilité punk comme tremplin vers la culture mainstream. Les deux ont épousé et fréquenté des rock stars de haut niveau (Cobain et Corgan pour Love, Tim Armstrong et le rouquin de QOTSA pour Dalle) et les deux font de formidables cibles pour les tabloïds… Mais non, ça, c’est juste Courtney!

Où je veux en venir avec ça, c’est que si on pousse la comparaison au niveau des albums, le nouvel effort de Brody est probablement son Celebrity Skin. C’est à dire, un album satisfaisant, offrant quelques hits, mais qui ne fait toutefois pas le poids en comparaison avec le passé de sa créatrice.

Le temps de trois albums incroyablement agressifs, les Distillers se sont rapidement imposé comme des poids lourds de la scène punk californienne. Le band est cependant mort (en même temps que le mariage de Brody et du leader de Rancid) après avoir pondu son chef-d’oeuvre Coral Fang (l’hypothétique Live Through This de Courtney) et Brody a ensuite fait un disque avec l’entourage de son nouveau copain Homme sous le pseudonyme affreux Spinnerette. Cet album éponyme contenait son lot de bonnes chansons ainsi qu’une volonté d’offrir de la musique beaucoup plus pop. Toutefois, les fans des débuts ont quitté le navire et cela ne s’est pas fait au profit de la masse.

Nous voici donc 4 ans plus tard avec ce Diploid Love, un premier album solo comptant lui aussi son lot de collaborateurs chevronnés (Shirley Manson, le Strokes Nick Valensi et Michael Shuman de QOTSA). Ça décolle sur les chapeaux de roues grâce à Rat Race et ses cuivres superposés à un refrain qui veut tout arracher. Toute la première partie de l’album se la joue à cent milles à l’heure. Grâce à Underworld et Don’t Mess With Me, Brody prouve qu’elle est encore une redoutable frontwoman. Du moins jusqu’à ce qu’elle prenne le clos dans un détour composé des pièces Meet the Foetus/Oh the Joy et I Don’t Need Your Love. La première est un hommage à la naissance de ses enfants qui aurait pu se passer de sa deuxième partie complètement superflue (pis honnêtement, y a quelqu’un qui entend Shirley Manson dans ce foutoir?) et la deuxième est une ballade comportant un bridge où les rires des gamins concernés sont échantillonnés. Voilà que notre féroce hyène punk-rock est désormais ton amie qui met trop de photos de sa progéniture sur Facebook, même si tout le monde s’en sacre éperdument.

Bref, une très bonne première partie qui s’affaisse sous la lourdeur de la suite. Dans vingt ans quand on se rappellera de Courtney, ce ne sera sûrement pas à cause de Celebrity Skin. Si tu vois ce que je veux dire.

Ma note: 6.5/10

Brody Dalle
Diploid Love
Queen of Hearts/Caroline
42 Minutes

www.brodydalle.com

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