Critiques

Braids

Shadow Offering

  • 45 minutes
7,5

Enfin ! Le quatrième long jeu du trio albertain Braids voit le jour. Cette « offrande de l’ombre » en 9 morceaux est-il la suite logique, décevante, ou réussie de leurs précédents bijoux électro-rock-shoegaze ?

Force est d’admettre que je voue presque un culte à l’album Deep In The Iris paru en 2015. Depuis, j’attends impatiemment de retrouver cette puissance mélodramatique dans la voix de Raphaelle Standell-Preston. Braids cultive et récolte la mélancolie pour l’extraire musicalement et la jeter dans nos oreilles. L’historique du groupe est loin d’être linéaire, surtout depuis le départ de la claviériste Katie Lee en 2012. Ayant troqué Calgary pour Montréal depuis quelques années, Standell-Preston, Austin Tufts (batterie) et Taylor Smith (guitare/basse) souhaitent forcément un peu de stabilité dans leur triplex de Secret City… Records.

Le dernier simple minimaliste Just Let Me (et un clip sublime) fût la dernière cerise sur le sundae des attentes élevées. Des attentes d’ailleurs, j’en avais certainement trop.

Donc, décortiquons-le en ordre de lecture, comme si je ne connaissais pas Braids (parce que je suis beaucoup trop vendu à l’opus précédent)

Here 4 U : je parlais antérieurement de cette puissance mélodramatique, hé bien c’est ça ! Une mélodieuse ascension dans la première minute pour finalement augmenter le BPM et relâcher toute la beauté/romance vocale de Standell-Preston. « I’m here 4 U even if you don’t want me to be »

Young Buck : OK, drôle de transition… un rythme presque «dance», un chant plus ou moins kitsch et un synthé quasiment nu disco. Attention, la construction est brillante, mais selon moi, la sauce ne colle pas avec le reste du repas.

Just Let Me : Difficile de voir la cohésion avec Young Buck mais bon, l’incohérence est peut-être, justement, l’effet escompté. Just Let Me est douce, langoureuse, triste et magique. Piano-synthé, percussions et une voix chaudement fragile. La maquette est séparée en deux temps, coupée en deux, pour créer une montée qui pogne dans les tripes. Un gros oui !

Upheaval ii : D’une lourdeur un peu plus rock que ces pièces-soeurs, Upheaval ii met la guitare électrique en avant-plan ce qui est relativement anormal chez Braids. La voix criarde de la meneuse albertaine est particulièrement poignante sur celle-ci. Une de mes préférées !

Fear of Men : Voguant sur une marée électro-pop analogique. L’expression « passer du coq à l’âne » prend tout son sens avec Fear of Men, surtout après Upheaval ii. Mine de rien, elle est tout aussi rafraîchissante que la précédente.

Snow Angel : Eh bien, voici un amalgame des deux dernières pièces. Une guitare électrique lumineusement rock, un batterie uptempo sur une trame de claviers new wave pendant un long récit poétique balancé avec véracité par RSP. J’achète !

Ocean : Doux périple synthétisé en haute mer, Ocean c’est le calme après la tempête…de neige qu’est Snow Angel. Un titre nécessaire après le trop-plein d’émotion, bien joué Braids.

Note to Self : La finale est une sorte d’automotivation à grimper, à escalader les montagnes qu’on doit surmonter dans nos petites vies. C’est un rappel (beaucoup moins quétaine que ce je viens d’écrire) à laisser ton coeur battre, mettre une jambe devant l’autre et vivre tes émotions, aussi affligeantes qu’elles puissent être.

Globalement, Shadow Offering est un cri du coeur tantôt sombre, tantôt étincelant qui, au final, démontre tout le talent de ce trio sous-estimé.

Qu’on capote sur Deep In the Iris comme moi… ou pas du tout, je recommande «au moins» une écoute exhaustive de ce disque. Bref, j’ai déjà hâte que l’album se matérialise dans une salle post-apocalyptique près de chez nous/vous.

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