Critiques

Beyries

Encounter

  • Bonsound
  • 2020
  • 35 minutes
7

L’autrice-compositrice-interprète montréalaise Amélie Beyries lançait Encounter, son deuxième album en carrière; trajectoire qu’elle a débutée après avoir surmonté deux cancers du sein. Le premier en 2008 et un autre en 2010. Se relevant avec force des épreuves de la vie, la courageuse artiste de 41 ans propose ici onze pistes bien exécutées, où sa magnifique voix a été mise de l’avant. Son chant a été amplifié par les arrangements du producteur Alex McMahon (Louis-Jean Cormier, Ariane Moffatt, Radio Radio).

Aussi bien vous avertir maintenant : ceux et celles qui souhaitaient un périple musical plus aventureux que Landing (2017) – lui aussi réalisé auprès de McMahon–, devront passer leur tour. Je dirais même qu’Encounter n’est que la suite logique de cette première création. Voilà donc un disque qui navigue sur le fleuve tranquille de la folk-pop et de l’adulte contemporain. Or, il se prête bien à l’écoute en boucle un dimanche matin ou lors d’un roadtrip pluvieux.   

Passons aux choses sérieuses. Comme je le disais un peu plus haut, Beyries maîtrise bien tout ce qu’elle entreprend sur cet album d’un peu plus d’une demi-heure. Musicalement, les chansons les plus intéressantes sont au nombre de trois. La douce et lente ouverture What We Have, où Beyries prend son temps : «My love, I’m holding on to what we have, I know your heart is a mess right now. ». Over Me, quant à elle, est extrêmement radio friendly et entraînante. Puis, la pièce soft-grunge Story of Eva rappelle ce que la musicienne Feist faisait il y a une dizaine d’années déjà.

Si les introspections de la chanteuse sont la plupart du temps sombres, son talent mélodique vient équilibrer l’aspect obscur de l’œuvre. Dans sa confrontation des choses les plus difficiles, la musique de Beyries a un effet tranquillisant. Contrairement à Landing dans lequel elle observait son chemin parcouru, le combat et la force, elle nous parle d’amour perdu, de mensonges et de conflits relationnels dans Encounter — qui signifie « rencontre ».

You’ve been looking away
Hiding it all along
Now you’re gone
The weight lies on me
White lies beneath

Closely

À plusieurs reprises sur l’album, comme sur Keep It To Yourself et Into You par exemple, on croirait entendre un petit trip musical ampoulé à la Céline Dion, celui-ci causé par une surcharge de cordes théâtrales et de chœurs aériens. Un peu intense…

The condescending words you have
You can keep it to yourself

Keep It To Yourself

Sinon, c’est avec fougue que Beyries aborde la mort et la guerre dans Graceless, alors qu’elle chante son hymne. Elle semble dépassée par les événements.

Are you coming to get us ?
How many more marches in Kiev
How many more deaths on the hands
Of egocentric freaks craving fame
Flying on golden wing paper planes

Graceless

Comme sur Landing, Beyries démontre qu’elle écrit aussi bien en anglais qu’en français à l’aide d’une seule et timide composition dans sa langue maternelle.

Nous sommes le
Souffle lent des astres

L’essoufflement des sages
De beaux désastres
Aux grands yeux océan

Nous sommes

En toute honnêteté, c’est grâce à la plume joliment maniée de l’autrice, combinée à une maîtrise parfaite de sa voix, qui fait que ce disque est intéressant… sans être totalement enthousiasmant. Je ne prétends pas que Beyries avait l’ambition de révolutionner le monde de la musique avec son deuxième album. On ne peut donc en dire que du bon sans s’empêcher d’espérer rencontrer de nouveaux horizons musicaux dans ses prochains projets.

Joignez-vous à Beyries pour le lancement virtuel de son album Encounter, en direct du Studio Dandurand à Montréal, le jeudi 19 novembre 2020 à 19h30. Entrevue menée par l’animatrice Rebecca Makonnen et performance live.

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