Critiques

Benoît Paradis Trio

Quintessence du cool

  • Indépendant
  • 2018
  • 39 minutes
7

Benoît Paradis Trio est de retour avec son jazz champ gauche. Benoît Paradis et ses deux acolytes, Chantale Morin et Benoît Coulombe, reviennent avec Quintessence du cool, un album où la plume de Paradis continue de frapper là où ça fait mal avec beaucoup d’humour et de dérision. Le tout sur un jazz groovy et mélodieux.

Déjà dans le titre, une critique à peine voilée se pointe le bout du nez. Parce que la Quintessence, c’est à la fois l’essence et aussi la partie cachée de tout et dans cette chanson-titre, Benoît Paradis réussit à y inclure l’un et l’autre.

Quintessence du cool ton compte vidé

Joies et aléas de la matérialité

— Quintessence du cool

J’m’ennuie s’attaque à ce travers de société qui nous rend collé un peu trop souvent à nos téléphones et ce que ça créé chez les autres autour. Compte pas les heures est une pièce sur la vie de tournée, chose que le trio a passablement faite dans les dernières années. Des parallèles se tirent immédiatement avec la toute dernière qui s’intitule Ça s’en vient et qui semble l’hymne de l’envie de percer, ou peut-être simplement une expression de l’espoir.

Contrairement à ses deux albums précédents, Benoît Paradis n’est pas toujours drôle sur Quintessence du cool. Il se permet quelques plongées dans un univers plus dramatique. Mélanie, pièce d’une noirceur émouvante, parle de leucémie avant de se lancer dans une belle partition musicale poignante. Le ciel est saumon pour sa part plonge dans l’amour tête première et c’est de manière romantique que Paradis nous en parle.

S’inventer des habitudes faire valser les hiers

Prendre le large par la main

Kicker nos culs le cœur joyeux

Le ciel est saumon je suis silencieux

— Le ciel est saumon

Malgré ces quelques tentatives de sérieux très réussies, Quintessence du cool n’arrive pas à égaler la force des deux précédents. Musicalement, c’est un peu plus difficile de plonger et ça nous retient moins longtemps. Est-ce que c’est le changement tranquille du personnage de Benoît Paradis qui crée cette impression? Est-ce que c’est la moins grande accessibilité des pièces qui sont plus hermétiques que sur T’as-tu toute? Ce n’est pas pour autant un album inintéressant, au contraire. Bref, peut-être que le plus cool de la Quintessence, c’est qu’elle nous demande un peu plus d’effort comme auditeur.

C’est un quatrième album réussi pour Benoît Paradis Trio qui nous livre, encore une fois, une bonne dose de jazz champ gauche. Sa plume est toujours aussi vive et la musique soutient tout ça avec une justesse enviable.

 

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