Critiques

Bad Dylan

Pogogo

  • Pantoum Records
  • 2018
  • 35 minutes
7

Bad Dylan est une formation montréalaise qui fait dans la musique électronique. Vous vous demandez qui en fait partie?  Eh bien, T-Spoon, Dr. Fill et Jalouse se partagent la tâche d’échantillonner et intégrer les sonorités pour former des trames qui sont à la fois mélodieuses et texturées. La formation possède un autre album à sa discographie : Multivers, paru en juillet 2015.

Pogogo est un album rempli de compositions intéressantes qui sont faites pour animer un plancher de danse avec ses nombreuses influences pop et dancehall. La plupart du temps, ce sont des rythmes latins qui sous-tendent les échantillons du groupe. Parce qu’au niveau de l’échantillonnage, on a affaire à des pros. Le trio alterne entre des clips choisis pour leur musicalité et des sons pris pour leur valeur expressive, parfois même comique.

Une chanson qui représente bien l’ensemble Pogogo est Grand goût avec ses rythmes contagieux et ses influences de musique latine. Le tout est mélangé avec des guitares électriques légèrement distorsionnées et des claviers au son vibrant. Rajoutez par-dessus tout ça des montées de son, des moments de retenue et quelques bruits de fusils qui rechargent et soudainement, vous aurez l’impression de passer une soirée dans un quartier louche de Kingston (en Jamaïque… pas en Ontario). Ain’t No Sorry amène aussi une bonne dose de soleil pour égayer de la froideur hivernale. Mais contrairement à Poirier, le trio reste beaucoup plus dans le domaine de l’électro-pop que de la musique électronique.

Bad Dylan fait aussi appel à des amis sur Pogogo. Karim Dabo laisse sa marque sur Glace tropicale et son rythme entraînant. Ça fonctionne bien. C’est l’une des chansons qui ralentit le rythme sans toutefois faire de compromis sur sa capacité à faire danser la foule. D’ailleurs, on va se le dire bien franchement, les hanches démangent à l’écoute de l’album et ça donne une envie puissante de se shaker le popotin. La deuxième collaboration de l’album est d’un autre ordre. C’est Anatole qui prête sa voix et sa fougue unique à Fièvre où il nous ordonne de ne pas « fermer la lumière. »  Avec son intensité familière, il navigue entre passion et séduction. C’est une chanson qui prend un certain temps à apprécier. Elle n’est pas facile d’approche, mais finit par marquer les synapses au fer rouge.

Un deuxième album réussi pour le trio Bad Dylan qui fera sans doute danser bien des jeunes gens dans les salles underground. C’est un album coloré qui irise un peu la grisaille hivernale.

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