Critiques

A$AP Rocky

Testing

  • ASAP Worldwide / RCA Records
  • 2018
  • 53 minutes
6,5

A$AP Rocky lançait récemment son troisième album studio intitulé Testing. Un album où il réclame la possibilité d’essayer de nouvelles avenues musicales. Pour présenter l’album, Rocky a mis en scène une soirée où à l’intérieur d’une cage de verre, il se faisait mouiller, répondait à des questions de la part du public et plusieurs autres moments performatifs. L’idée étant de mettre de l’avant cette idée de l’expérimentation. Mais est-ce qu’une partie de ce jeu était pour à la fois affirmer son audace et de l’autre pouvoir se défendre des pièces moins réussies en utilisant le concept comme excuse?

Parce que Testing est de loin l’album le moins réussi de la discographie du jeune américain. Tout d’abord, son « Houston swag » dans son débit et son approche au rap est mis de côté. Par contre, c’est loin d’être un désastre. A$AP Rocky est un solide rappeur et même dans ses pires moments, il fait passer bien des MCs pour des amateurs. On délaisse le côté drogué de sa musique et Rocky continue de nettoyer ses paroles. On y retrouve moins de « bitch », moins d’allusions sexuelles… bref, il vieillit lui aussi. Au point où il livre même une pièce particulièrement honnête et sentimentale : Changes.

Wake up to my explore page
See my exes engaged, or either gettin’ married
Or had a baby with some nigga
Or either three months, post-natal post, post-nup, that little nigga pappy
I wonder if they really happy or just gettin’ at me

— Changes

Les deux pièces les plus réussies de ce nouvel album se trouvent dès le début. La première Fukk Sleep compte sur l’apport de FKA Twigs qui ramène un peu plus l’atmosphère sombre qu’on retrouvait sur les deux derniers d’A$AP Rocky. La deuxième est la suivante qui compte sur l’apport du rappeur anglais Skepta, intitulée Praise the Lord (da Shine). Non seulement son échantillon de flûte de pan est intoxicant, mais en plus, les deux rappeurs s’amusent avec les codes du trap sans non plus livrer une platitude. L’autre pièce vraiment réussie de l’album est la collaboration avec Frank Ocean titrée Purity qui clôt l’album.

Quand il est question de nettoyer son langage, A$AP Rocky le fait avec humour y allant de ces lignes :

People really think I’m an asshole, I say anything (c’mon)
Truthfully, I just say what I really think
Like I’m too fresh, man, to me you’re under-class-man (too fresh)
Would say, “Suck my dick”—but that’s sexual harassment (take that, let’s go!)

— Tony Tone

Dire que Rocky a sorti Puff Daddy des boules à mites pour cette dernière. Par contre, pour tous ses bons efforts, il trouve toujours le moyen d’impliquer Kodak Black, l’homme fameux pour ses frasques sur Instagram avec des femmes et pour ses propos controversés sur la couleur de peau des femmes. Bref, rien n’est jamais parfait. A$AP Forever qui échantillonne Porcelain de Moby compte sur un rap solide de Rocky, mais le changement qui donne presque toute la place à Porcelain est un peu plaqué et manque de fluidité. Même chose du côté de Gunz N Butter qui compte sur deux échantillons de chansons où il y a des paroles, le dédoublement de chants, ceux de Rocky et des échantillons rend un peu la chose confuse.

Malgré l’instabilité de Testing, quand Rocky est à son meilleur, ça fonctionne très bien. Le problème, c’est que c’est très inconstant sur l’album.

 

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