Critiques

Anna Meredith

Varmints

  • Moshi Moshi Records
  • 2016
  • 48 minutes
8
Le meilleur de lca

Anna MeredithConcerto pour Beatboxer et Orchestre, une pièce interprétée par percussion corporelle par l’Orchestre National des Jeunes de Grande-Bretagne (Handsfree), et deux maxis électro-expérimental; bienvenue dans l’univers éclectique de Anna Meredith, cette compositrice qui dit «ne pas vouloir écrire de musique que les gens endurent juste pour arriver à entendre le Elgar en deuxième partie». Voulant aussi que son travail persiste dans le temps plus qu’un simple concert, elle nous présente son premier long jeu avant-pop intitulé Varmints qui démontre tout le talent que Meredith possède.

L’album ouvre avec la pièce Nautilus, prélude instrumental qu’on avait déjà pu entendre en ouverture de son premier EP Black Prince Fury en 2012. Un petit rappel à ses œuvres passées, mais aussi une introduction fascinante allant même jusqu’à nous présenter une basse très dubstep combinée à une polyrythmie hypnotique de cuivres et de synthétiseurs sur un fond de batterie à sonorité ‘90s. La définition de musique «maximaliste» y prend tout son sens.

Pour faire suite à ce prélude, la pièce Taken, à l’opposé, dévoile un côté indie-rock qui n’est pas sans rappeler les Pixies, surtout grâce à la sonorité de la guitare électrique et la mélodie vocale incluant des «yeaaaah eah». Mélodie très accrocheuse d’ailleurs.

Avec ce début d’album assez varié, on ne peut que s’attendre à de belles surprises. Passant alors de balade électro au post-techno (Dowager/R-Type), de synthétiseurs hypnotiques aux cordes rappelant Steve Reich ou Max Richter (Honeyed Words/Last Rose/Blackfriars), la Londonienne réussit le pari risqué de l’expérimentation et l’exploration musicale avec brio. La maîtrise de médiums acoustiques et électroniques ne peut être niée et c’est probablement la plus grande force de cet album. Ce ne sont évidemment pas toutes des pièces radiophoniques et accessibles à tout public, mais ça fera certainement changer quelques opinions ou préjugés concernant la musique pop expérimentale.

Anna Meredith nous transporte donc dans un monde sans frontières de genres musicaux, sautant d’un style à l’autre avec beaucoup d’aisance et de musicalité. Les voix sont douces et aériennes, les mixtures d’instrumentation viennent briser les barrières entre musique classique et musique pop, et l’éclectisme de Varmints le rend très agréable. Belle publication chez Moshi Moshi Records.

Ma note: 8/10

Anna Meredith
Varmints
Moshi Moshi Records
48 min

http://www.annameredith.com/

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