Critiques

Anderson .Paak

Oxnard

  • Aftermath Records
  • 2018
  • 57 minutes
6

C’est un album qui était très attendu, le troisième et dernier volet californien d’Anderson .Paak qui a frappé un grand coup avec Malibu en 2016 qui avait garni plusieurs tops de fin d’année (dont le nôtre à la 13e place). Les attentes étaient donc élevées envers cet Oxnard. Est-ce que les grooves seraient au rendez-vous? Les bons chops de batterie?

Eh bien…

En partie. Oxnard n’arrive pas à tenir le niveau d’excellence de Malibu. On y retrouve beaucoup plus de moments de remplissages, de rythmes simples et convenus ainsi que de moments où le dynamisme contagieux d’Anderson .Paak s’éclipse. Par contre, ce n’est pas non plus une catastrophe, lorsqu’il est dans sa zone .Paak est pratiquement imbattable.

Par exemple, sur Mansa Mura sur laquelle contribue Dr. Dre (qui a aussi été impliqué pendant l’ensemble du processus) et Cocoa Sarai, .Paak tient la mesure derrière les fûts avec un rythme bien construit où les surprises font la loi. On peut en dire tout autant de Who R U? où les percussions sont surprenantes. Par contre, sur ce dernier morceau .Paak tombe un peu dans la mollesse quand il chante.

Sa nostalgie musicale prononcée est toujours présente, mais moins percutante que par le passé. On passe à travers des chansons comme Smile/Petty qui sont tout à fait beiges. Un peu la même chose du côté de Brother’s Keeper qui n’est pas la plus envoutante des chansons malgré la présence de Pusha-T qui offre un bon rap. Ce n’est pas la seule visite de marque sur l’album puisque Snoop Dogg apparaît sur la Anywhere.

Anderson .Paak a dit en entrevue que : « c’était l’album qu’il rêvait de faire lorsqu’il était plus jeune et écoutait The Blueprint de Jay-Z, The Documentary de The Game et The College Dropout de Kanye West ». Peut-être que la clé de ce qui cloche réside dans la présence de Dr. Dre qui a été producteur exécutif et très impliqué dans la création. Ce n’était finalement peut-être pas un bon match. Tout simplement.

Ça reste tout de même un album correct qui connaît quelques moments de gloire très lumineux. Pour faire une analogie de baseball, quand .Paak cogne la balle, elle va loin au champ centre. Ce qui a changé entre Malibu et Oxnard, c’est sa moyenne au bâton.

 

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