Critiques

Amen Dunes

Love

  • Sacred Bones Records
  • 2014
  • 48 minutes
7,5

Amen Dunes - LoveAh! L’amour avec un grand A, ce sentiment que chaque être humain recherche ou s’évertue à nourrir tout au long de sa vie. Bien sûr, l’humain a tendance à penser à l’expression de ce sentiment sur le plan humain, relationnel. Toutefois, l’amour n’est pas confiné aux relations interpersonnelles. L’amour peut aussi s’exprimer envers des idées, des œuvres, des objets et des activités. Selon certaines et certains, l’amour est notre raison d’être, notre première source de motivation.

Ainsi, tout artiste qui propose une démarche plus ou moins sérieuse et choisit de baptiser son œuvre Love, s’impose d’atteindre des standards de qualité supérieurs à la moyenne. C’est le choix qu’a fait Amen Dunes, Damon McMahon de son vrai nom. Sur son troisième long-jeu, le musicien originaire de Philadelphie aborde l’amour en mettant l’accent sur l’aspect relationnel.

Selon Amen Dunes, l’aspect relationnel est surtout traité à travers des chansons comme l’excellente Splits Are Parted et Everybody Is Crazy. De plus, l’amour et la haine sont des sentiments à la fois contradictoires et très proches l’un de l’autre. Ainsi, Love contient une certaine dose de haine qui se traduit principalement dans les deux couplets de la chanson intitulée Green Eyes.

Love comprend onze compositions amalgamant le rock acoustique et électrique ainsi que quelques touches de psychédélisme, se faisant notamment entendre sur la très belle Everybody Is Crazy. De manière générale, les compositions d’Amen Dunes proposent une linéarité qui, durant les premières écoutes, peut être lassante. Cependant, le mélomane persévérant sera récompensé. Le nouvel effort d’Amen Dunes nécessite quelques écoutes pour être apprivoisé. À partir d’un certain nombre d’écoutes, on y revient naturellement; comme on relie un livre qu’on a aimé.

Dans un article publié sur le site anglais DIY, Damon McMahon mentionne à quelques reprises qu’il a voulu créer un disque simple proposant des arrangements épurés. L’artiste y affirme qu’il est souvent parti de versions de chansons incorporant plusieurs instruments pour offrir une version plus dénudée. Cette formule scie bien à l’univers de Love. Mettant l’accent sur la guitare acoustique et électrique, la batterie et le piano, l’album a la qualité de ne jamais se perdre dans les méandres de la fioriture et des acrobaties musicales excessives.

Love compte sur l’apport de quelques musiciens talentueux. À titre d’exemple, Elias du groupe Iceage prête sa voix aux pièces Lonely Richard et Green Eyes. De plus, Sophie Trudeau de Godspeed You! Black Emperor fait résonner son violon sur le très beau morceau intitulé Rocket Flare. Efrim Menuck, un autre membre de la formation post-rock montréalaise, fait crier sa guitare sur l’énergique et quelque peu lo-fi composition titrée I Can’t Dig It. Et comme si ce n’était pas assez, les pièces I Can’t Dig It et Love profitent de la présence de nul autre que Colin Stetson, possiblement le saxophoniste le plus en vue de la scène dite indie. Tous ces arrangements et ces musiciens réussissent à créer une symbiose avec la voix plaintive (Lilac In Hand) et parfois lancinante d’Amen Dunes. C’est beau.

Ma note: 7,5/10

Amen Dunes
Love
Sacred Bones
48 minutes

www.sacredbonesrecords.com/collections/frontpage/sitedemo.caucts/sbr113-amen-dunes-love

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