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Pop Montréal Jour 3: le compte-rendu de LP Labrèche

popLa troisième soirée de POP Montréal nous offrait trois grands noms à ne pas manquer: Motörhead, Godflesh et Giorgio Moroder. Pour ma part, c’est le deuxième des trois groupes qui a retenu mon attention. D’autant plus qu’il était accompagné par Prurient dont l’album Frozen Niagara Falls a été encensé par la critique aux quatre coins du monde.

C’est Pelvic Floor, groupe montréalais de noise expérimental qui avait la tâche de réchauffer la salle du National pour Prurient et Godflesh. Ceux-ci n’ont pas manqué leur coup en envoyant leur noise agressif aux quelques lève-tôt (bon OK, il était 20 h, mais quand même) qui étaient sur place. En alternance au micro: un chanteur agressif, quasi psychotique dans sa façon de livrer, et une demoiselle à la voix puissante qui rendait la performance digne de mention. La nombreuse troupe (six membres), dont trois bidouilleurs, deux percussionnistes et une personne au micro, a réussi son pari. Un groupe qui sera à suivre. Puis, Prurient a pris la scène et a livré les pièces de son album en oscillant constamment entre beauté et agressivité chaotique. Contrairement à Pelvic Floor, le son n’était pas très dur sur les tympans hormis quelques basses «très basses» et quelques sons stridents qui vous faisaient envier le son du grattoir sur la vitre d’un char l’hiver.

Mais c’est Godflesh qu’on attendait avec impatience. La formation anglaise n’avait jamais mis le pied à Montréal et nombreux étaient les admirateurs pour venir écouter le duo livrer leur métal industriel. Outre un problème technique qui a fichu une frousse à la foule, c’était une performance tout à fait remarquable. C’est lourd, c’est agressif et c’est souvent très beau. La performance des deux Anglais était soutenue par un visuel chargé de symboles occultes où se côtoyaient le petit Jésus et la Mort. Un concert marquant, un des meilleurs qu’il m’a été donné de voir à POP Montréal cette année. Ce n’est pas peu dire.

Par la suite, j’ai mis le cap vers le Quai des Brumes où Big Brave démontrait qu’ils sont parmi les plus bruyants. La salle était remplie de son, à défaut d’être remplie de spectateurs, et le trio a offert une prestation incarnée, vivante et totalement satisfaisante. Les tambours étaient claquants, les guitares bruyantes et la voix de Robin Wattie lancinante à souhait. Celle-ci prend des airs d’Esméralda et envoûte le mélomane avec sa voix puissante et juste. Un groupe injustement méconnu ici qui saurait faire plaisir autant aux férus de métal qu’aux amoureux de noise rock qu’à ceux qui aiment les chanteuses à la voix unique.

Enfin, je me suis rendu au Divan Orange pour attraper les deux derniers groupes du spectacle mis de l’avant par Bonsound. Le premier à fouler la scène était Johnny De Courcy qui vient tout juste de faire paraître un nouveau maxi. L’excentrique chanteur a tôt fait de mettre la foule dans sa petite poche arrière à coup de solos de guitare rocambolesques appuyés d’un charisme indéniable sur scène. À un moment donné, il est même sorti à l’extérieur pendant une chanson pour se quêter une cigarette qu’il a terminée les deux pieds sur la scène. Musicalement, ce n’est pas extraordinaire et le fait qu’il chante par-dessus un enregistrement laisse à désirer. Mais sa forte présence fait oublier ces quelques désagréments et charme à tout coup.

Pour terminer la soirée, nos Torontois préférés, The OBGMs, étaient de passage. Des bêtes de scène, je vous dis. Avant d’avoir joué une note, ils avaient conquis le public grâce à leur talent d’animateurs de camps de jour et dès la première chanson un large «mosh pit» s’est entamé. Rien ne les freine, même une corde de basse rompue. Pendant que le bassiste courait au sous-sol s’en chercher une autre, Denz, le guitariste jouait des solos et faisait du «crowd surfing». Tous avaient un large sourire lorsque les dernières notes ont sonné et le quatuor pouvait encore une fois dire: mission accomplie.

Voilà pour ce jour 3. On se revoit demain les amigos.

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