Concerts

POP Montréal 2022: Joe Rainey + Tortoise

Pour ma dernière soirée de POP Montréal j’étais très content de pouvoir voir Tortoise sur scène pour la première fois.

Après trois jours de POP Montréal, j’avais déjà vu plusieurs bons concerts. J’étais tout de même curieux de ce que Tortoise pouvait faire sur scène. Le groupe a une réputation enviable. J’étais aussi curieux de découvrir Joe Rainey sur scène après avoir entendu quelques extraits ici et là de son projet.

Joe Rainey

Joe Rainey est un personnage fascinant. Venant d’une communauté près de Minneapolis, le chanteur a pris l’habitude très jeune d’enregistrer des pow wows et des batailles de tambours. Au cours des dernières années, il a participé à des compositions avec Bon Iver et d’autres musiciens connus de la scène de cette ville du centre des États-Unis. D’ailleurs, c’est Andrew Broder qui vient tout juste de travailler sur l’excellent The Bible de Lambchop qui a créé l’album avec lui et qui l’accompagnait sur la scène du Théâtre Rialto.

Joe Rainey propose une musique de pow-wow déconstruite et mélangée à de la musique électronique. C’est une proposition différente de celle de The Halluci Nation parce que c’est beaucoup moins dansant. Le groupe canadien a toujours composé pour le club, alors que Joe Rainey est dans une démarche plus personnelle et minimaliste, mais toujours campé dans une bonne influence de musique électronique. À cela s’ajoute son chant au grand registre. Il est autant capable de voix aigües que d’une voix grave dans un registre normal. Cette capacité à se promener dans les tons donne de belles possibilités à Rainey et il en profite amplement. Son projet mérite vraiment une attention accrue de ma part.

Il faut souligner aussi le décor au Théâtre Rialto qui était franchement réussi. Composé de planche de contreplaqué sur lesquelles étaient projetées des images et des lumières d’éclairages, cela donnait à la personne à la console bien des possibilités et elles ont été utilisées. En bon français, c’était bien beau.

Tortoise

Un peu plus tôt en septembre, j’avais fait des recherches sur le groupe dans le cadre d’un article et j’étais tombé sur un article de l’ami Marc-André Mongrain de Sors-tu.ca titré : Comme une classe de maître. Il datait de leur dernier passage dans la métropole en 2016. Je confirme que six ans plus tard, le sentiment est le même après avoir été témoin de ce que Tortoise offre sur scène. Les multi-instrumentistes sont d’une habileté incroyable. En toute franchise, lorsqu’ils jouent de leur troisième instrument, ils sont meilleurs que bien des musiciens avec leur premier. C’est époustouflant.

Tortoise nous a livré une leçon de post-rock avec comme point central des pièces issues de TNT, leur album de 1988. La formation s’est promenée à travers sa discographie, mais a donné surtout la place à des morceaux issus des albums Beacons of Ancestorship et Standards, deux albums parus au cours des années 2000. Le trio formé de John McEntire, Dan Bitney et John Herndon est impressionnant à voir aller. Les trois musiciens s’échangent les instruments, jouent souvent à deux batteries et démontrent à répétition à quel point ils sont talentueux.

Les jeux organisés autour des deux batteries sont particulièrement impressionnants. Ils sont souvent complémentaires plutôt qu’identiques, mais c’est toujours sur le temps. C’est impressionnant de voir deux partitions aussi compliquées qui sont jouées en même temps et que le résultat soit toujours très serré. Tortoise était la meilleure façon pour moi de terminer mon édition de POP Montréal 2022. Cette édition a été riche en émotion et en bons concerts. En fait, j’ai enfin retrouvé mon POP, celui qui me fait me promener dans différentes salles du Mile-End à la recherche de groupes que je ne connais pas encore, pour y entendre de la musique que je vais vouloir suivre encore longtemps. Merci à toi POP! On se revoit en 2023.