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Osheaga 2019 jour 2 : The Chemical Brothers, Janelle Monáe, U.S. Girls et plus!

Après une première journée bien plaisante où le site était étrangement vide, cette deuxième journée d’Osheaga ressemblait plus à l’habituelle marée de monde typique de ce genre d’événement.

On va le dire tout de go, c’est Janelle Monáe qui a volé le spectacle avec une performance à la fois impressionnante au niveau vocal et chorégraphique. Elle a commencé sur Crazy, Classic, Life tirée don son plus récent album, Dirty Computer. Le groupe qui l’accompagne insuffle une tonne d’énergie à sa performance tout comme les danseuses qui l’accompagnent. Cette prestation est rodée au quart de tour et pourtant, Monáe réussit à nous faire oublier la chorégraphie puisqu’elle incarne à fond ses gestes.

Ce qui est encore plus impressionnant chez l’Américaine, c’est sa capacité à passer du chant au rap rapidement, montrant sa polyvalence admirable. Elle a livré de gros succès comme Electry Lady, Make Me Feel, Django Jane et bien plus pendant cette heure de spectacle qui était un peu trop tôt dans la journée. Janelle Monáe a revêtu de nombreux costumes dont le préféré est certainement le pantalon-vulve. La jeune femme a terminé avec un discours sur l’importance de faire valoir les droits de la communauté LGBTQ+, les droits de minorités et de lancer une procédure d’impeachment contre Donald Trump. Bref, c’était du solide.

De retour en 1998

La grande tête d’affiche de ce samedi soir d’Osheaga était les Chemical Brothers qui effectuaient un rare passage à Montréal. Le duo électronique n’y est pas allé de main morte en enchaînant les succès avec une fluidité efficace. On a eu droit à Hey Boy Hey Girl, Block Rockin’ Beats, Temptation / Star Guitar et bien plus. Le groupe nous a aussi livré quelques pièces de son plus récent, No Geography.

La prestation était appuyée par d’impressionnants visuels qui passaient de moments filmés à des animations 3D grandioses en parfaite réaction aux éclairages. Il y avait de quoi fêter au Parc Jean-Drapeau. D’ailleurs, des spectateurs de tous les âges ont dansé sur les rythmes des deux anglais. C’était comme dans un rave en 1998, même pour ceux qui sont peut-être nés après cette date.

Les femmes à l’honneur

U.S. Girls a bien commencé la journée avec une performance solide sur la scène de la montagne. Elle s’est concentrée sur ses pièces plus dynamiques comme Pearly Gates qui souvent se transformaient en gros jams musicaux pendant lesquels Meghan Remy se permettait des pas de danse. Des pas de danse qui l’ont même mené dans la foule. La jeune femme s’est mise à tournoyer très loin dans la foule. Les spectateurs ont embarqué dans son mouvement et tout le monde s’est dégourdi le bassin ensemble. C’était très réussi.

On ne peut pas en dire autant d’Anemone. Le groupe montréalais a donné une bonne performance, mais la voix n’était pas au rendez-vous. Chloe Soldevila faussait souvent pendant cette performance. Le stress a peut-être eu raison d’elle. On la sentait nerveuse de jouer devant autant de monde et elle dispensait les banalités au micro : « vous êtes beaux, on s’aime, etc. » Tout n’était pas mauvais et les passes musicales et une bonne partie des chansons étaient réussies.

Cependant, c’est sans doute les coups de vapeurs beaucoup trop bruyants de la scène des arbres qui ont le plus déplu. Si vous y allez aujourd’hui, soyez prêt à la fin de la performance.

J’ai pu voir aussi la dernière chanson des Louanges sur cette même scène. Je suis arrivé alors que Vincent Roberge se tapait une Tercel bien réussie. Il a gagné la foule nombreuse qui était au rendez-vous. Tout ça avant d’annoncer un nouvel EP pour l’automne. Joie.

Félix pendant ce temps?

Je passe la parole au collègue Félix qui était aussi sur les lieux et qui a vu Beach House et Yellow Days : Le jeune et déjà très talentueux Yellow Days a fait tomber des coeurs et fait vibrer la scène des arbres avec sa voix baryton qu’il manie à la perfection même lorsqu’il va chercher des notes dans un registre complètement opposé. Son charme et sa prestance ont illuminé, lui et son groupe ont offert l’un des spectacles les plus groovy jusqu’à maintenant et c’est par ses plus récentes chansons qu’il a conquis le public malgré l’intérêt des amateurs de l’anglais pour sa prestation de Little While, Gap in the Clouds, Your Hand Holding Mine, That Easy et Holding On

Déjà une troisième présence pour Beach House au festival. Le temps passe vite et malgré tout, on ne s’en lasse pas. Ceux qui retiennent l’attention par leurs visuels et leur musique cinématique rêveuse étaient à peine visibles, camouflés par la noirceur, créant ainsi l’impression de ne faire qu’un entre le son et ce qui se passait à l’écran derrière eux. C’était d’ailleurs plus qu’intéressant de voir l’énergie qui émanait d’un public qui connaît sans les connaître, se ralliant davantage sur les mélodies que sur les paroles. La foule se berçait et se perdait face à ce spectacle merveilleusement bien exécuté qui a gâté les fans avec un bon tour d’horizon de leurs classiques. Fin de la parenthèse.

Rajoutez à cette journée une excellente performance de Saba, à qui on devrait accorder plus d’importance. Le rappeur américain a offert tout un spectacle ponctué de rythmes accrocheurs et de rap efficace. Il a tout un débit et une belle palette de couleur dans ses créations. Ça fonctionne très bien. Et en plus, ça fait changement des discours habituels quand c’est écrit sur l’écran que « Saba cares for you ». Son DJ était d’une bonne aide et la paire a vraiment rocké la scène verte. J’ai aussi assisté à un bout de Sales qui était intéressant de prime abord. Il faudrait plus se pencher sur le groupe à la mélancolie mélodieuse. Finalement, Two Feet m’a laissé un peu de glace. Mais tout un guitariste!

On en remet demain avec la fin de cette édition d’Osheaga!

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