Concerts

Montréal en Lumière 2026 | Feu! Chatterton

Sillonnant l’étage du MTELUS à 19h45, aucune place assise n’est disponible, la salle est pleine! Le public est au rendez-vous pour la visite attendue de Feu! Chatterton!

Avec Lucie Chesné

Feu! Chatterton ce groupe d’anciens amis du secondaire qui se retrouvent en 2011 pour former un groupe assez original mêlant rock et chanson française était de passage à Montréal pour la première fois depuis les Francos 2018. Ces dernières années le groupe s’est profondément démarqué à la fois par de multiples récompenses aux Victoires de la musique, mais également par la multiplicité de leurs apparitions : festivals, tournées ou lors d’interprétation telle que celle réalisée durant la panthéonisation de Missak et Mélinée Manouchian, résistants communistes. Ce soir ils nous font l’honneur de revenir à Montréal après 8 ans d’absence à l’occasion de la sortie de leur dernier album Labyrinthe en septembre dernier.

Dès 20h le public s’échauffe et se manifeste empressé d’entendre le groupe de français. Il faut dire qu’aucune première partie n’était programmée pour les faire patienter depuis l’ouverture des portes 2h plus tôt. Décevant considérant le nombre d’artistes de la scène émergente francophone qu’on aurait imaginée ouvrir cette soirée comble, une belle occasion manquée.

En avant le spectacle

À 20h38, la lumière s’adoucit jusqu’à s’éteindre tandis que le public s’embrase. Quatre musiciens se positionnent à chaque coin de la scène, le show démarre par des synthétiseurs électrisants tout droit venus des années 80, le chanteur Arthur Teboul apparait, sous l’ovation du public, vêtu comme à son habitude d’un costume en tweed, une chemise bleue et une cravate bariolée. Ce look, cette prestance et cette voix si singulière annoncent que le quintette parisien est bel et bien de retour.

Le concert débute par Sous la Pyramide, issue du dernier album, à l’atmosphère méditative, voire introspective. S’ensuit Côte Concorde, titre de leur premier album relatant le naufrage du paquebot Costa Concordia en 2012, une chanson sombre et poétique. Allons voir propose une tout autre ambiance festive et enthousiaste durant laquelle le chanteur nous offre une prestation scénique expressive à l’énergie juvénile et intense, le public se réveille.

Dans le labyrinthe

Tout le long du spectacle, on constate une identité forte et nouvelle du dernier album Labyrinthe, les titres sont lumineux aux sonorités synthétiques vaporeuses et les guitares rock qu’on leur associait ont été remplacées par des synthétiseurs électros désormais hypnotiques.

Le titre Mille vagues, rendant hommage à un ami récemment disparu, retient l’attention par sa poésie, « une chanson pour les morts à destination des vivants », chanson où l’on se surprend à se projeter soi-même dans un état de recueil comme pour dédier, nous aussi, ce moment à un être cher. Le titre Libre issu de l’album Palais d’argile de 2021 révèle une quête de liberté puissante et poétique, ce titre de presque 10 minutes propose un rock énergétique alternant retenues et envolées à l’image de ce que pourrait être une quête.

S’ensuivent deux titres dont la notoriété n’est plus à attendre, Un monde nouveau où les téléphones du public jaillissent pour saisir et enregistrer l’instant, ainsi que La Malinche, dont la rythmique et la vitalité sont si communicatives que l’on se surprend à chanter « oh oui ». Pour ce dernier titre, le groupe a glissé en interlude Pour que tu m’aimes encore de Céline Dion. Une attention pour le public québécois?

Il est 22h10, le groupe quitte la scène, mais le public en veut encore !

À l’issue de nombreux encouragements déterminés, nos cinq artistes reviennent sur scène, le batteur quitte ses percussions pour une clarinette et accompagne la poignante reprise de Léo Ferré issu d’un poème de Louis Aragon : L’affiche rouge, faisant référence à des résistants immigrés, fusillés en 1944. S’ensuit le titre Compagnons, dont la mélodie et les paroles resteront dans la tête du public. Le show se termine par le titre éponyme du dernier album, Labyrinthe dont l’instrumental explore un style nouveau très pop et presque d’inspiration orientale. Peut-être un clin d’œil à ses origines, lui-même fils d’immigré.

Un concert engagé et généreux pour le public montréalais qui se languissait de leur retour.

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