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Les Francos de MTL 2018 : du disco et des mots

Deux invités de marque étaient au Francos en ce mercredi pluvieux : L’Impératrice et Feu! Chatterton, deux groupes qui ont les vents dans les voiles. Et on comprend maintenant pourquoi!

 

C’était un mercredi pluvieux aux Francos, mais à l’intérieur du MTELUS, tout le monde était au sec… à tout le moins, pendant les premières minutes. Ça n’a pas été très long avant que la température de la salle grimpe pendant que les corps dansaient sous les rythmes contagieux de L’Impératrice.

L’Impératrice et ses empereurs

Nobody listens to disco? Pas sûr… Eminem avait lancé cette ligne à Moby dans ses belles années. Il semble que Marshall Mathers n’avait pas encore entendu L’Impératrice, parce que la formation parisienne est arrivée avec une tonne de groove devant la foule d’un MTELUS plein. Tout a commencé dans la pénombre alors que les 5 musiciens de la formation ont pris place sur scène et qu’ils ont lancé le bal avec un morceau instrumental. Déjà, après quelques notes, une évidence s’imposait : ces jeunes hommes sont en plein contrôle de leur art. Puis, Flore Benguigui vient rejoindre ses comparses, les lumières se font plus brillantes et c’est parti pour un spectacle enlevant. À coup de Séquences et de Sultans des îles, L’Impératrice a insufflé l’envie de danser à la salle qui l’a chaudement remercié à plusieurs occasions.

C’est parti pour le tube Paris, au début duquel l’harmonie vocale est parfaite. C’est un moment de répit de la danse pendant quelques secondes avant de repartir de plus belle sous les rythmes contagieux. La plus douce Erreur 404 était plus charnue sur scène. Agitations tropicales continue en force avant que le groupe termine avec l’incontournable Matahari. Entre tous ces tubes, les pièces instrumentales psychédéliques liaient le tout magnifiquement. La formation a été acclamée comme il se doit pendant de longues minutes par la foule conquise. Leurs sourires sur scène ne laissaient que peu de mystère sur leur sentiment d’accomplissement. Du grand d’un groupe qu’on suivra avec intérêt pendant encore de nombreuses années.

Paroles et paroles et paroles

Feu! Chatterton est monté sur scène, gonflé à bloc, et la foule était prête pour les textes sublimes et les trames aussi convaincantes. Ils ont lancé le tout avec Ginger, où le côté plus groovy de la chanson ressort davantage en concert que sur album. Le charismatique Arthur Teboul guide le public d’une main de maître l’invitant à se lever et danser pour… faire l’amour ensemble. Difficile de le contredire, la communion entre la salle et le groupe était complète. Le groupe nous envoie la sublime Côte concorde foncièrement théâtrale avec ses envolées puissantes et son texte magnifique. Il en redonne avec Ophélie.

Le groupe a visité le répertoire de ses deux albums et quelques chansons de ses EPs. Le concert a coulé tout naturellement, s’enchaînant avec une facilité désarmante pendant qu’on se faisait encore brasser le bassin. La fenêtre, tirée de l’excellent L’Oiseleur paru un peu plus tôt cette année, rentre au poste alors que La mort dans la pinède ajoute du rock à cette superbe. Par deux fois Feu! Chatterton est revenu sur scène pour des rappels sous les applaudissements nourris de la foule. C’est un passage réussi, convaincant, un moment de musique tout à fait délicieux qu’ont eu les spectateurs présents.

Corriveau en pleine nuit

Antoine Corriveau faisait partie des surprises de ce 30e des Francos. Sous le coup de l’émotion du concert précédent, je me suis dirigé vers la Zone Coors Light. C’était une soirée de pluie et il ne restait plus beaucoup de spectateurs encore vaillants. Mais voilà, ceux présents étaient tout ouïe pour le folk-rock mélancolique d’Antoine Corriveau. Il a livré des essentiellement des chansons de son deuxième album, Cette chose qui cognait au creux de sa poitrine sans vouloir s’arrêter, offrant de beaux moments aux guerriers toujours debout. Il était tard pour tous et même Corriveau qui s’est trompé par deux fois dans Le Nouveau vocabulaire. Il s’est repris en toute honnêteté et la foule riait en sa compagnie. Le résultat, cette magnifique chanson a duré trois fois plus longtemps. On a presque envie qu’il se trompe à chaque fois.

Une belle soirée aux Francos sous le signe des mots et des grooves.

Pour revoir la soirée à travers l’objectif d’Alexanne Brisson.

Crédit photo: Alexanne Brisson

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