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Lancement de Gus Englehorn avec Bibi Club et Kaël Mercader à l’Escogriffe le 7 mai 2022

Soir de fête au coin de Mont-Royal et Saint-Denis, Gus Englehorn lançait son tout dernier album Dungeon Master accompagné d’une jolie panoplie de premières parties : le duo Bibi Club et l’artiste visuel Kaël Mercader.


Lent printemps légèrement encore un peu trop froid, c’est un Escogriffe presque à guichet fermé qui porta secours à cette (trop) fraîche soirée de mai.

Bibi Club et Kaël Mercader en premières parties

On ne pouvait que s’attendre à un beau spectacle avec un lancement composé de la sorte. Entre autres grâce au duo Bibi Club, aussi issu de la famille de la maison de disque Secret City Records, qui a ouvert le bal avec douce ferveur.

Adéquatement équilibré entre énergies harmonieuse (Adèle Trottier-Rivard à la voix/synthétiseur) et désinvolte (Nicolas Basque à la guitare), le groupe a livré leur simple Femme-Lady avant d’entamer d’autres chansons de leur album, dont une vibrante reprise du groupe franco-britannique Stereolab. Alors que le band était seulement muni d’un drum machine côté percussion – le rythme coulait à flots -, ils ont réussi à manier leurs chansons française et anglaise avec grâce ; difficile de ne pas se trémousser sous les doux sons synthétiques rappelant l’esthétique 80s. Outre les quelques parleux de fonds de salle qui existeront toujours et partout, on sentait une foule bien réceptive au Bibi Club. J’en aurais honnêtement moi-même demandé plus (oui oui). Objectif atteint au niveau du déhanchement mélancolique, la scène fut bien baptisée en début de soirée.

S’en est ensuite suivi l’artiste visuel Kaël Mercader (ami de longue date d’Englehorn) qui s’assura de présenter une charmante prestation amplement hétéroclite. On aura eu droit à une vaste sélection : toune country écrite spécialement pour le show, chapeau de cowboy, rack à linge propre servant de support pour synthé, court strip-tease, témoignage de son amitié pour Gus et finalement manifeste pour son amour-haine entre les villes Québec/Montréal. La foule aura bien ri et été attendrie par l’énergie maladroite et aimable de Mercader.

« Me voilà », Gus Englehorn

Finalement arrivent les enfants terribles. Englehorn, fidèle à sa voix rappelant l’emblématique figure du lo-fi Daniel Johnston, débuta en guise d’ouverture — comme sur le récent album —, avec le morceau The Gate. Un Gus Englehorn timide, mais content d’être présent devant la foule enthousiaste, était une fois de plus accompagné d’Estée Preda aux harmonies vocales et à la batterie. Le groupe enchaîna les nouvelles chansons du dernier album dans le même caractère ludique et brut que l’on put retrouver dans Dungeon Master.

Notamment avec les morceaux Exercice Your Demons, Ups and Downs et Tarantula. Cette dernière toute fois, qui n’était pas enveloppée d’une ligne de synthé comme sur l’album, réussit tout de même à prendre une magnifique envolée grâce à l’énergie vibrante d’Englehorn et Preda. Preuve que la simplicité du trio voix/guitare/percussions venant du garage rock peut toujours admirablement livrer la marchandise. Le public a aussi eu droit à quelques chansons du précédent album Death and Transfiguration – réaction dans la foule (dont la mienne) lorsque Englehorn poussa les premières notes de Stay Little. Effectivement, le public était sensiblement bien à l’écoute.

Une foule tellement contente de sa soirée, que lorsque le groupe conclut avec leur dernière chanson, les gens en demandent encore. Un rappel improvisé qui selon Preda – « Might be a disaster ». Impossible d’assister à un désastre, on venait d’assister à une belle soirée.