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L’orage folk de Kim Churchill à l’Impérial

Selon le principal intéressé, ça faisait environ 8 ans que l’Australien Kim Churchill n’avait pas présenté ses cheveux « pré-rasta », sa guitare acoustique et son harmonica au public de Québec. À sentir l’excitation ambiante dès 20 h la soirée était gagnée d’avance pour cette force explosive. Je donne raison aux « whoo girls » hystériques durant la soirée, la musique de Churchill pourrait charmer une chaise.

En ouverture, j’ai la surprise de découvrir que Caracol s’occupe de réchauffer la salle. Allié d’un percussionniste/Dj, l’artiste de Sherbrooke semblait un peu crispé avec ses chansons anglophones qui se retrouvent sur son dernier Ep. Sa voix aux teintes Soul est rythmée par des percussions électroniques. L’ambiance est relaxe, peut-être même trop pour arriver à séduire la foule bruyante. Il faut dire que l’exécution des pièces nécessite d’être peaufinée. Le looping semblait laborieux. Je ne connais qu’une de ses chansons, c’est étrange elle ne l’a pas jouée.

Caracol, sans Doba, quitte pour laisser la place à l’homme de la soirée. L’Impérial presque plein s’anime soudainement. Kim Churchill déclenche un orage d’énergie pure qui ne s’arrête qu’une heure vingt plus tard. Sur cette scène de Québec, le chanteur souriant semble chanter du haut d’une montagne. Sa voix si claire et juste raconte ses aventures et ses rencontres avec une puissante sensibilité.

Presque l’entièreté de son dernier opus, Weight_Falls, est jouée. Dans son vieux matériel joué, Canopy  nous montre à quel point il est capable d’unir une rythmique de guitare reggae à des acrobaties d’harmonica blues. Même si les chansons s’enchaînent, chaque intervention est sentie. Il offre à la foule des explications qui enrichissent merveilleusement son catalogue. Churchill raconte que Rosemary est écrite de la perspective d’un voisin de chambre de sa grand-mère mourante à l’hôpital qui lui annonce qu’elle est l’amour de sa vie. Ils passeront leurs derniers jours ensemble. Une histoire vraie d’une invraisemblable magie qui souligne le talent de conteur de l’Australien.

Les deux batteurs qui accompagnent Churchill étaient d’un synchronisme et d’un entrain contagieux. Même si ses deux acolytes complètent bien la prestation, notamment par leurs harmonies vocales, l’Australien n’a décidément pas besoin d’un groupe pour faire voler en éclat le toit de l’Impérial. Habitué aux prestations d’homme-orchestre, il prend d’assaut seul la scène à quelques reprises. Il érige un mur de son avec son harmonica aux réverbérations infinies et sa guitare galopante.

Une soirée qui se termine très près de la perfection avec une version acoustique de Weight_Falls. Après avoir chanté avec autant de puissance qu’une vague déferlante, il nous ramène dans l’intimité feutrée de la maison de Newcastle où il a composé son dernier album, en solitaire, en 1 semaine.

Il joue ce soir au Club Soda dans le cadre de Montréal en Lumières. Une soirée incroyable assurée.

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