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Concerts

Festival FRIMAT | Jour 3 : Moondown + Kinji00 + Aswell + Kamilou

La troisième journée du FRIMAT 2026 wrap le festival avec une distribution toute jeune, toute rap pour la Gen Z Valdorienne.

Kamilou et Aswell offrent un rap plus dilué avec la pop et le R&B, qui met davantage en valeur les instruments et la voix alors que Moondown et Kinji00 proposent une expérience plus méta, artificielle, mais bien ficelée et travaillée.

Moondown

D’une énergie bienveillante, rassembleuse et attachante, difficile de blâmer Moondown, voix embryonnaire du rap rouynorandien, pour son autotune, ses backs préenregistrés et ses textes simplistes.

Est-ce que la proposition de l’artiste est formellement aboutie ? Bien sûr que non, c’est à peine s’il a fini de muer. Est-ce que l’assistance a éprouvé du plaisir, moi, le premier, à le voir livrer sa modeste performance ? Assurément !

Son style iconique, son énergie débordante de volonté et sa manière d’occuper la scène avec assurance révèlent le potentiel indéniable de Moondown. Sac à dos Hello Kitty, crinière généreusement bouclée et le tanktop assorti à son jeans ample sont quelques éléments du personnage.

En gambadant d’enthousiasme, il entre dans l’arène comme on se faufile dans la foule d’une boîte de nuit bien remplie. La scène est son terrain de jeu, le rappeur québécois s’y montre confortable et en contrôle, capable de parler à son public pour le faire réagir.

Kinji00

Kinji00 et lb66, « prodiges du rap quebz », se présentent comme deux personnages de manga seinen alliant rap, électro, Kpop et même du folk rock. Le public scotché à la scène se bouscule pour offrir leur téléphone aux frères Monteiro-Beauchamp, qui osent les prendre et se filmer rapidement entre quelques aller-retour sautillants à la Souljia boy.

La superposition des arrangements musicaux, des extraits sonores et des textes avec la participation de son public complète à merveille la recette d’une expérience de concert significative. La richesse de contenu et d’expérimentations peut paraître aux premiers égards assourdissant ou anxiogène, mais se laisse rapidement convaincre par l’innovation du phénomène.

Bien que l’on ne comprenne que très peu de mots parmi ceux qu’articulent le duo fraternel, tous les éléments de la proposition s’harmonisent d’un son unique. Par exemple, le titre plus qu’appréciable, Shake, peut parfois se confondre dans « Pour René Lévesque, faut que tu shakes that shit » avec « steak haché ».

Rappelons que l’univers de Kinji00 est un manifeste souverainiste, indépendantiste et nationaliste. Les titres sont parsemés de références, de citations et d’inspiration à la culture populaire et politique. La fleur de lys est sur toutes les mains, les cœurs et les dents. D’ailleurs, la prestation la plus attendue de Kinji00 est sans contredit celle du succès Fleur de lys, en clôture de son du passage au FRIMAT.

Aswell

Aswell entretient un magnétisme avec un parterre étoilé, de verres en l’air et de jumps explosifs. Toute occasion est bonne pour réclamer à un cercle d’adorateur·ices ensorcelé·es de joindre l’enchantement collectif. La foule de la réserve à minerai se satisfait de prouesses tant vocales que scéniques.

La gradation discographique, d’Où je m’en vais à Leaving en passant par Next, témoigne d’une identité émotionnelle dénudée et d’une griffe d’auteur des plus affutées. Posé seul sur son cube, sous une douche lumineuse, Aswell n’hésite point à feuilleter avec l’assistance les chapitres de son livre ouvert.

« Quand j’avais 15 ans, je rêvais que le monde chante mes tounes », confie Aswell devant les spectateur·ices attroupés à ses pieds qui se font le chœur de chaque morceau. Rarement verrons-nous intimité et collectivité se côtoyer d’aussi près durant cette fin de semaine de festival.

Aswell plonge finalement parmi ses sujets pour Make it Alright, un bain de foule qui se sculpte au rythme de chaque déhanchement et chaque enchaînement.

Kamilou

D’une touche d’indie, d’emo et de grunge, Kamilou enrobe l’assistance avec son flow et sa rassurante assurance. Le ciel sur la tête d’une chevelure bleue et la tête dans les nuages d’une interprétation qui fait planer, la rappeuse se dit surprise de l’accueil du public. « vous êtes crazy in the head ! », s’exclame-t-elle.

Le public de Kamilou est notablement peuplé de grandes perches, toutes de baggy vêtues, qui occupent sans gêne les devants de la scène frontale. Heureusement, C’est beau car l’ensemble se dandine à un rythme qui se synchronise à celui des mélodies jazzées et R&B.

La distribution de la journée, présente dans la salle du Chevalement, initie un chœur de « Kamilou » avec les autres spectateur·ices. Incendie, « une toune pour les femmes et un fuck you aux gars de l’industrie », alimente la flamme d’une dernière soirée endiablée et le FRIMAT se conclu sur une note excessivement feel good.

Crédit photo: William Brière Daigle

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