Concerts

Francos 2022 ― Jour 3 : Allô Fantôme et Bye Bye Bye Karim : Veillée des ami.e.s

En ce deuxième soir de couverture des Francos, j’ai décidé de me calmer le pompon un peu et d’aller voir seulement deux spectacles. Retour sur les spectacles d’Allô Fantôme et Bye Bye Bye Karim : La veillée des ami.e.s.

Allô Fantôme

Quand j’ai vu le nom d’Allô Fantôme sur la programmation des Francos, c’était évident pour moi que j’y serais. Après avoir suivi son parcours aux Francouvertes, j’avais hâte de voir de quel bois la formation se chauffe quand elle n’est pas en formule concours. C’est toujours intéressant de voir l’évolution de jeunes projets, comme celui de Samuel Gendron, après leur passage au concours-vitrine.

Crédit : Charles-Antoine Marcotte

Par exemple, force est d’admettre que Gendron a pris de la confiance sur scène. Il est passé de nerveux lapsus pendant une intervention (no hard feelings, je fais des lapsus constamment dans des contextes moins stressants) à être debout pour chanter. Il lui manque encore un chouïa de confiance pour qu’on sente qu’il embrasse entièrement son rôle de frontman, mais ça viendra. Après tout, Allô Fantôme doit en être à son quatrième ou cinquième spectacle, et il foule déjà les planches des Francos.  « C’est comme un dream come true », a d’ailleurs lancé Gendron entre deux chansons. Je crois que ça en dit long sur l’avenir brillant qui attend le projet.

Allô Fantôme a lancé son premier EP à la toute fin du mois de mai. Il me semble qu’il en a offert la totalité, ainsi que de nouvelles chansons. Le groupe a également offert une reprise de Véronique Sanson, Chanson sur ma drôle de vie. J’avoue que ça m’a surpris, mais en même temps, ça semblait bien à sa place. Outre quelques accrochages techniques, comme le son du piano qui semblait faire défaut et le fait qu’on n’entendait pas toujours très bien le saxophone de Sam Hampell, la performance de l’octuor était super. Vraiment, Allô Fantôme est un groupe à surveiller. Ne serait-ce que pour l’apport musical d’Anne-Marie Garand à la flûte.

Bye Bye Bye Karim : La veillée des ami.e.s

Je savais que le spectacle de l’hommage à Karim Ouellet serait émotif. J’étais bouleversée quand on a appris que l’auteur-compositeur-interprète était décédé. Je ne le connaissais pas personnellement, mais sa musique m’a bercée pendant des années. J’ai adoré l’initiative des Francos de présenter cette veillée avec ses amis artistes. Ariane Moffatt, Gabrielle Shonk, Claude Bégin, La Bronze, Claudia Bouvette, Hubert Lenoir, Fanny Bloom, Alaclair Ensemble et Luis Clavis de Valaire se sont partagé la tâche de lui offrir cet hommage.

Crédit : Alexanne Brisson

À certains moments, on sentait que le party était vraiment pogné, comme on dit. Ça a également permis d’excellents moments. Par exemple, le duo de Claudia Bouvette et Hubert Lenoir sur Oh! Non était très intéressant. On sentait une vraie belle chimie entre les deux artistes, qui se sont laissés aller au niveau de la danse. Puis, la reprise de La mer à boire par Ariane Moffatt et Hubert Lenoir a permis de mettre bien en valeur la très jolie voix de ce dernier. Le contexte lui a vraiment permis de la laisser parler.

Je comprends que l’organisation du festival ait décidé d’organiser ce spectacle sur la grosse scène pour permettre au plus grand nombre de gens d’y assister. Cependant, ça comporte son lot de petits bémols. Tout d’abord, les gens qui discutent pendant les chansons, ce qui enlève un peu l’aspect émotif de la chose. Ensuite, il faut parler des vendeurs de bière ambulants dans la foule. Pendant un moment a cappella tout en douceur mené par Claude Bégin dans la chanson L’amour, on entendait un vendeur crier « BIÈRE FROIDE / COLD BEER. » Je comprends que cette personne tentait uniquement de faire son travail. Or, disons que ça brisait la magie du moment et le sérieux de l’hommage.

Crédit : Alexanne Brisson

Le moment le plus touchant de la soirée a été sans conteste quand une chanson inédite de Karim Ouellet a été présentée. Certains ne le savent peut-être pas, mais au moment de sa mort, le musicien planchait sur un nouvel album. Entendre soudainement une nouvelle chanson de Karim dans laquelle il parle de sa famille et à quel point que c’est tout ce qui comptait pour lui, était tout simplement bouleversant. À la toute fin, un petit garçon, que je soupçonne être le fils de Claude Bégin, est apparu sur scène pour terminer la chanson. C’était très émouvant comme moment.

C’était beau, d’ailleurs, de voir la foule vivre des émotions en même temps. Partout où je posais mon regard, je voyais des gens essuyer des larmes et d’autres se faire des câlins. C’était beau, tout simplement. L’autrice de ses lignes n’a pas été étrangère à l’émotion. À partir de ce moment, les larmes ont coulé sur mes joues jusqu’à la toute fin. Sarahmée, la sœur de Karim Ouellet, est également montée sur scène pour une allocution courte, mais sentie.

Le tout s’est terminé sur une reprise de Karim et le loup chantée par tous les artistes. Ce fut franchement un beau moment. Il y a eu autant de moments pour bouger et célébrer que des moments pour se recueillir et vivre sa peine. C’était bien équilibré. J’aimerais souligner la mise en scène d’Ines Talbi, qui était super, ainsi que les éléments de décor bien pensés. De plus, les projections de photos de Karim Ouellet sur les bâtiments à côté de la scène rendaient un bel hommage à l’auteur-compositeur-interprète.

Photos par Alexanne Brisson:

Crédit photo: Couverture : Alexanne Brisson

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