Concerts

FIJM 2024 | Fernie, Kin’Gongolo Kiniata, The Cinematic Orchestra et Shabaka

Pour la journée finale du Festival International de Jazz de Montréal, je suis allée voir quatre performances, dont celle de Fernie au Club Montréal TD, celle de Kin’Gongolo Kiniata à la Scène Rio Tino, celle de Cinematic Orchestra à la grande Scène TD et Shabaka au Gesù. 

Crédit : Benoit Rousseau / FIJM

Fernie

Fernie a épaté la galerie avec son énergie pétillante en contraste avec ses paroles vulnérables et émouvantes. « If I faint, it is part of the set ! » Le chanteur n’a pas trop laissé sa nervosité prendre le dessus, bien qu’il soit à son premier Festival International de Jazz de Montréal, et j’espère sincèrement que ce ne sera pas le dernier. Il est clair que c’est une personne attachante, le public l’a adorée. L’artiste brésilien-canadien montrait ses compétences au chant en nous faisant part de multiples runs bien exécutés. Cependant, on perdait un peu ce qu’il disait, car il n’articulait pas assez les paroles. Il était entouré de son batteur, de son guitariste/violoniste et de ses deux vocalistes et avait visiblement une belle synergie entre eux. Fernie a interprété Pain, réalisé et écrit par, entre autres, Patrick Watson, où l’artiste fond en larme à la fin de la chanson. Par contre, avant de commencer la chanson, il dit au public qu’il se peut que sa voix craque, car c’est une chanson difficile. Même s’il l’a très bien interprété, ce n’est pas une chose à dire dans un spectacle, parce que ça peut induire plus de stress et faire en sorte que le public porte encore plus attention à la technique vocale, selon moi. Lors de Westchester, il invite les gens à chanter avec lui, une des multiples façons dont l’artiste a diverti et tissé un lien avec la foule. Il dédie aussi une de ses chansons, Back there, à saon meilleur.e ami.e. Bref, Fernie a donné une très bonne performance. 

Crédit : Productions Novak / FIJM

Kin’Gongolo Kiniata

Le groupe du Congo-Kinshasa a enflammé la scène Rio Tinto et a fait danser le public pendant une heure sans arrêt. Kin’Gongolo Kiniata, connu pour jouer sur des instruments fabriqués avec des matériaux recyclés, chantait en lingala pour les changements sociaux et écologiques, en ayant un groove funk, limite rock. Ils ont su divertir la foule qui, à son tour, leur donnait de l’énergie et de l’amour.

Crédit Benoit Rousseau / FIJM

The Cinematic Orchestra

Le groupe britannique The Cinematic Orchestra était de passage au Festival de Jazz pour célébrer les vingt ans de leur album Man With A Movie Camera. Durant la performance, le groupe diffusait des images d’usine de textile et de cigarette, de machinerie et de machine à écrire, où un texte était tapé en direct sur les écrans de la grande scène TD, dont le montage fonctionnait parfaitement avec le tempo de la trame sonore. Malheureusement, il était impossible de lire le texte sur les écrans. La musique, qui était de l’électro-jazz avec un soupçon de uk garage faisant planer, avait toujours une introduction mystérieuse qui menait à des apogées d’intensité et d’excitation musicale, accentuées par les jeux de lumière de la scène.

Crédit : Benoit Rousseau / FIJM

Shabaka

Le combo du multiinstrumentiste britannique Shabaka était accompagné par un bassiste, un guitariste et une harpiste, cette dernière étant très rare à voir dans un concert de musique jazz, mais qui était un très bel ajout. Il était intéressant de voir son installation, où il avait une table avec une dizaine de flutes dessus, et de voir de l’encens se consumer au fur et à mesure sur la scène, donnant une ambiance spirituelle et calmante. Les musiciens jouaient d’une douceur remarquable sans lésiner sur la qualité sonore et l’étendue des nuances dynamiques. Les mélodies jouées, qui ressemblaient sensiblement à la musique malienne avec des accords jazz par moment, étaient simples, mais restaient en tête. Shabaka a quelques fois parlé durant la performance pour expliquer ce que la musique jouée et la façon dont les différents instruments résonnent le font sentir. Le musicien jouait de manière très rythmée, même s’il était le seul à jouer. Pour finir, Shabaka se permet d’interpréter une dernière pièce comme rappel, qui s’avère être mon moment préféré de la soirée. Effectivement, il jouait avec une flute à trois tuyaux qui jouait des harmonies et des patrons rythmiques complexes et agréables. 

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