Concerts

FIJM 2018 : Danser au Wilfrid-Pelletier

La salle Wilfrid-Pelletier est reconnue surtout pour son accueil de spectacle de musique orchestrale. Hier, c’était Bonobo et Milk & Bone qui étaient à l’affiche. Récit d’une soirée où il faisait chaud (malgré la clim) dans le WP.

 

Bon, on va se le dire, c’était très décevant que St-Germain annule sa venue à Montréal. Mais bon, la santé, c’est plus important que de faire plaisir à des mélomanes. Pour le remplacer au pied levé, le festival a proposé le duo Milk & Bone et leurs chansons de pop-électronique sensuelle. Camille Poliquin et Laurence Lafond-Beaulne sont arrivés sur scène tout sourire et on comprend pourquoi. Quelle salle! Elles ont entamé leur spectacle avec Coconut Water, laissant la musique parler d’elle-même. En version live, les chansons se permettent de verser un peu plus dans l’électronique.

Crédit : FIJM / Victor Diaz-Lamich

La paire avait invité Christelle Saint-Julien et le rappeur Lucas Charlie Rose à venir lire un texte concernant la controverse entourant SLĀV.  Parfois applaudis, parfois hués, la paire à livrer un message sincère. Saint-Julien était particulièrement émotive et touchante.

Milk & Bone pour leur part ont livré une performance honnête et groovy. Leur scénographie était magnifique. Par contre, leurs installations musicales laissent un drôle de sentiment. Tout d’abord, la paire joue avec une trame de fond préenregistrée très présente et on ne les voit pas jouer du tout. Ce qui donne un peu l’impression qu’elles ne font que chanter pendant le spectacle. Chose qu’elles font excessivement bien par contre. Les harmonies vocales sont magnifiques et nous emportent avec elles. New York a particulièrement frappé la cible en plein cœur. Laurence Lafond-Beaulne s’est enfargée au tout début de Care, mais a réagi de la meilleure manière possible. Elle a ri et la paire a continué à nous dispenser sa pop mélodieuse.

 

Bonobo

Avant le concert, je me demandais un peu ce qui allait arriver. Ça semblait étrange d’écouter Bonobo confortablement calé dans un siège du Wilfrid-Pelletier. Eh bien, j’ai eu ma réponse. Après une chanson et quart, tout le monde était sur ses pieds et se dandinait au son des pièces entraînantes de Bonobo. Il faut dire que sa formule « full band » est particulièrement efficace. Surtout son batteur qui ressemble à un mélange de Jason Statham et Jean-Étienne Collin-Marcoux. On dirait le genre de musicien qui a fait sa formation jazz, mais qui était toujours en retard à ses cours du matin parce que la veille il avait jammé en faisant la fête jusqu’aux petites heures. Le genre de musicien qui sourit du début à la fin du set, parce que la musique, ça lui coule dans les veines.

Crédit : FIJM / Frédérique Ménard-Aubin

Il est impressionnant de voir Bonobo aller sur scène. Il construit devant nous ses trames en plus de jouer de la basse de l’autre main. Et chacune de ses constructions est parfaite. Ses musiciens sont aussi à l’écoute et le groupe possède une facilité à créer une unicité organique enviable. En plus du groupe, la chanteuse Szjerdene ajoutait une volupté fort appréciable aux chansons. Bonobo nous a offert en grande majorité des pièces tirées de son dernier album, Migrations, et quelques-unes de North Borders. L’ordre était bien dosé et tous dansaient, ce jusqu’au balcon. On aurait dit une grosse soirée de rave dans cette salle trop souvent calme et posée. En comptant le rappel, Bonobo nous a fait shaker le popotin pendant un bon deux heures. Une généreuse performance.

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