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Festival en chanson de Petite-Vallée : une Marée du Coyote poétique

La deuxième marée a touché la berge de la longue pointe de Petite-Vallée lundi dernier et s’est terminée mercredi soir par un concert collectif qui a réuni des artistes éclectiques.

Tire Le Coyote a mené cette deuxième marée à Petite-Vallée accompagnée de Mamselle Ruiz, Ariane Roy, Luc de Larochellière, Andrea Lindsay, KNLO, Vlooper, Caro Dupont, Jeannot Bournival ainsi qu’une visite du spectacle Nikamu Mamuitun.

Crédit : Alexya Crôteau-Grégoire / Festival en chanson de Petite-Vallée

Le ciel est en place

Pas de doutes, les astres sont alignés pour Ariane Roy et elle semble mûre pour en profiter pleinement. Celle qui participait à la finale des Francouvertes en 2020 a déjà gagné en assurance sur scène. Détrompez-vous, elle était déjà très bonne, mais maintenant elle habite la scène comme si c’était son salon. Ses interactions avec le public, sa manière de bouger et sa dégaine sont fluides d’un bout à l’autre du spectacle. Elle a livré les pièces de son EP AVALANCHE (n.f.), paru en 2020, son succès Ta main, sa nouvelle chanson Je me réveille et plusieurs pièces d’un premier album à venir dans le futur. Bien entourée d’Odile Marmet-Rocherfort, Dominique Plante, PE Beaudoin et Vincent Gagnon, elle a rocké le chapiteau du théâtre de la Vieille forge avec une assurance impressionnante.

Crédit : Alexya Crôteau-Grégoire / Festival en chanson de Petite-Vallée

0 à 120, ben vite, mon gars

KNLO n’a pas lésiné, à 22h, et en direct du chapiteau du théâtre de la Vieille forge. Accompagné par son fidèle Vlooper et sa complice Caro Dupont, il a livré des pièces de ses deux albums solos, son dernier mixtape et quelques petites rimes d’Alaclair Ensemble devant un public qui n’a pas résisté à l’appel de la danse sur place avec masque. Il a envoyé quelques shoutouts pendant la soirée, notamment à 187 et à Voyage Funktastique. Les grosses pièces de Sainte-Foy ont galvanisé la foule : Amadit, Usine, TODO List et Ça fait mal. La chimie entre KNLO et Caro Dupont est impressionnante sur scène. La paire est en parfaite symbiose. Le genre de concert qui t’accroche un sourire dans le visage.

Crédit : Alexya Crôteau-Grégoire / Festival en chanson de Petite-Vallée

Moi, j’trouve ça beau, j’arrête de crever pour la journée

Je ne sais pas s’il existe un terme assez fort pour expliquer le spectacle qui nous était offert par Tire le Coyote avec une très importante collaboration de la nature. Imaginez le spectacle avec un coucher de soleil orange brillant qui se couche sur le Saint-Laurent derrière le groupe qui nous livre les pièces sensibles et touchantes de Tire le Coyote. C’était un moment de grand bonheur et de beauté incommensurable. Malgré quelques accrocs techniques liés à une boîte de son, Tire le Coyote a livré un concert sublime où les pièces de ses albums côtoyaient celle de son plus récent EP créé en collaboration avec Jeannot Bournival qui était aussi en ville. Le duo a charmé avec ses interprétations de grands classiques. C’était un magnifique concert sur l’esplanade du théâtre de la Vieille forge. Un moment unique à vivre.

Crédit : Alexya Crôteau-Grégoire / Festival en chanson de Petite-Vallée

La marée

Lié par les mots de poètes, la Marée du Coyote a tenté de réconcilier les univers drastiquement différents des artistes qui se trouvait sur scène : Mamselle Ruiz, Luc de Larochellière, KNLO, Ariane Roy, Andréa Lindsay, Jeannot Bournival, Caro Dupont, Vlooper et bien sûr Tire le Coyote. Les mots de Robert Lalonde, Virginia Woolf et Zéa Beaulieu-April faisaient écho aux prestations. La mise en scène était assurée par la talentueuse Inès Talbi. Malgré la bonne volonté de tout le monde, c’est resté un concert d’individus et le collectif n’a jamais pris le dessus. C’est particulièrement marquant en considérant ce qu’on venait de vivre avec la Marée du héron où les voix ne faisaient qu’un pour livrer les pièces avec une puissance incroyable. Ici, ce sont les moments solos qui ont retenu l’attention : Luc de Larochellière qui charme la foule avec une interprétation sentie, Tire le Coyote qui opère sa magie, Ariane Roy qui déborde d’énergie contagieuse dans Ta Main malgré la partition de piano amochée par Dupont (Erratum : C’est Jeannot Bournival qui jouait le piano alors que Caro Dupont ajoutait des effets de claviers.), Mamselle Ruiz et Andréa Lindsay qui bonifiaient quelques pièces de leurs voix, Jeannot Bournival qui livre Stop ou encore de Plastic Bertrand en quasi spoken word et KNLO qui rime avec adresse. Cependant, les musiciens qui accompagnaient la troupe étaient droits comme une barre. On y trouvait notamment le spectaculaire Shampooing et Simon Kearney a la basse groovy. Ce n’est pas raté pour la marée, mais c’est dommage que les artistes ne soient pas entrés plus en communion. C’est le genre de danger de prendre un groupe éclectique qui se connaît peu. Et cette fois-ci, le pari n’a que partiellement payé.

Crédit : Alexya Crôteau-Grégoire / Festival en chanson de Petite-Vallée

Hors-série

Hors de la marée, la bande de Nikamu Mamuitun était en ville. On retrouvait avec plaisir Chloé Lacasse, Kanen, Ivan Boivin-Flamand, Scott-Pien Picard, Matiu, Cédrik St-Onge, Marcie, Guillaume Arsenault et Myra Camirand en remplacement de Joëlle Saint-Pierre qui était à la maison pour s’occuper de son nouveau-né. La troupe a salué leur comparse absent, Florent Vollant qui est convalescence depuis quelques mois en interprétant notamment Tshinanu. Les quatre femmes ont livré une interprétation magnifique de Tout un village alors que Matiu, Scott-Pien Picard et Cédrik St-Onge ont mené brillamment la chanson-titre du projet. Rajoutez à tout cela la guitare incroyable d’Ivan Boivin-Flamand qui a poussé quelques bons solos et vous vous retrouvez avec un concert tout à fait délicieux. Quelques faits marquants : on s’ennuyait de Joëlle Saint-Pierre, Chloé Lacasse est une machine et une pièce maîtresse du concert, Kanen a gagné en confiance et Scott-Pien Picard gagne le public avec son charme irrésistible. Un concert à voir si ça passe par chez vous!

Crédit : Alexya Crôteau-Grégoire / Festival en chanson de Petite-Vallée

Crédit photo: Alexandre Cotton