Critiques

KNLO

Ste-Foy

  • 7ième Ciel
  • 2019
7

KNLO, débarque en ville avec un nouvel album solo, Ste-Foy. Le rappeur québécois, au-delà de faire partie d’Alaclair Ensemble, est un artiste aux multiples talents qui propose à nouveau une création des plus invitantes. Il poursuit ainsi sur la lancée entamée lors son dernier album Long Jeu sorti en 2016.

Comme c’est dit dans la chanson Cool Cool, on va mettre les points sur les i. Ste-Foy, c’est un album qui a bien mijoté, macérant dans une sauce propre à l’artiste qui s’est toujours éloigné du fla-fla. L’élément phare de cet album, c’est sa capacité à enivrer ses auditeurs d’une constante atmosphère festive. À l’écoute de l’opus, on sent qu’il est possible de l’apprécier à sa juste valeur sans trop se poser de questions. Son panache n’est pas amoindri pour autant. Ce qui en vaut le détour, puisque c’est réussi avec brio en s’éloignant en majeure partie du classique easy listening.

Une vie sans yacht ni villa, ça ne semble pas moins euphorisant pour autant. Loin de la prétention, KNLO parle des vraies affaires, rappelant au passage dans Merci pt.2  que “tout ce qui compte c’est la famille, le chilling, la santé pis le repos”. Dans un univers nourri de temps à autre par le drame et la négativité, il parvient à parler des plaisirs du quotidien, de la vie de famille et des choses moins glorieuses en y amenant de la légèreté et une idée de plaisir se cachant derrière une vie éphémère.

L’atmosphère, ligne directrice de l’album, est soigneusement imprégnée de plusieurs éléments, gracieuseté de la verve de KNLO et de ses collaborateurs. La production musicale se métisse des saveurs du hip-hop américain, de la scène rap québécoise et des rudiments de la musique jamaïcaine. Tout s’harmonise pour concevoir un album unique, sans nécessairement se démarquer de ses pairs. Certes, les emprunts ne sont pas nouveaux dans le monde du rap, et Ste-Foy ne fait pas exception à la règle. Ce qui au final ne vient pas changer la teneur de l’opus, sachant qu’il est livré de très belle façon.  

Fait intéressant, KNLO conçoit dans son approche musicale la charnière entre le rap et la pop. Cette idéologie populaire se fait malgré elle, simplement parce que sa musique est accessible et qu’elle rejoint au passage un public varié. Une belle façon de conjuguer l’intérêt des amateurs de rap autant que des amateurs de musique en général, question de “rendre lucratif le divertissement” en élargissant le public cible.

Les chansons Usine et TGV en valent plusieurs écoutes pour la richesse du flow et de la production. Pour sa part, À Souhait et 2X se démarquent par la qualité de leurs textes. La grosse production trap-rap typique des rappeurs américains se fait bien entendre dans TO DO List et DRRLÀ alors qu’Amadit et Ça fait mal donnent envie de bouger sans cesse avec leur sonorité caribéenne.

Ceci étant dit, ce n’est pas l’album de la révolution et il ne passera pas à l’histoire. Si on met de côté l’aspect sociologique et évolutif, il n’en demeure pas moins que de parler de sa réalité, sans avoir la tête enflée par la notoriété qu’il a gagnée au fil du temps, c’est toute une réussite. Encore plus lorsque c’est façonné autour d’une production musicale captivante, bien construite, et de textes riches qui n’ont pas changé de discours.

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