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festif 2021

Festif 2021: Haviah Mighty, Klô Pelgag, Calamine, Dope.gng, The Franklin Electric et Comment Debord

Retour sur mes premières 24 heures au Festif de Baie-Saint-Paul! Coups de soleils partout sur mon corps, guedilles à tous les repas et des soirées qui ne finissent pas.

Par où commencer? Gros mal de bloc ce matin en me réveillant. Pour un festival, ça veut dire que c’est bien parti. Malgré un temps s’annonçant pluvieux et frais, les rayons du soleil se sont mis de la partie pour rôtir ma peau de blondinette qui avait apporté son imperméable et non de la crème solaire dans son sac à dos…

Cette année, je ressens jusque dans mes tripes que le Festif a tout (TOUT) donné pour recevoir les festivaliers et festivalières en grand. «COVID-19? Pas de trouble. On t’arrange ça!» Chacune des multiples scènes aménagées partout dans Baie-Saint-Paul possède un concept thématique où il est facile de respecter la bulle des autres puis on retrouve des bars et des comptoirs de bonne bouffe à tous les coins de rue, on peut recharger notre téléphone à une borne, des DJ sets gratuits toute la journée, sans oublier que les gens du village sont accueillants comme mes grands-parents (c’est-à-dire: beaucoup trop). Sincèrement, l’expérience Festif! 2021 m’émeut.

Avant d’en venir aux larmes de joie, survolons immédiatement les hauts et les bas de cette myriade de concerts auxquels j’ai eu la chance d’assister les 20 et 21 juillet derniers. Allons-y en ordre chronologique.

Photo : Caroline Perron

Calamine

La Hochelagirl de service et son groupe ont offert une prestation qui n’a rien à voir avec un projet qui sort tout juste d’un concours de musique. Évidemment, le projet musical hip-hop décomplexé et jazzé de Calamine est aboutit depuis belle lurette, mais j’étais heureuse d’enfin pouvoir ressentir autrement sa musique et pas via mon écran de téléviseur. Elle arborait son attitude chaleureuse et son sourire éclatant, ses interventions ont été tellement drôles et naturelles. D’ailleurs, la compagnie d’urniettes pour fxmmes devrait remercier Julie Gagnon (Calamine) pour la publicité gratuite — Père Noël, j’en veux une dès que possible. L’artiste queer et ouvertement lesbienne nous a servi la plupart des chansons qu’on retrouve sur Boulette Proof (2020) ainsi qu’une nouveauté intitulée Jours de pluie.

De gauche à droite : N Nao, Laurence-Anne, Klô Pelgag et Lysandre, sur la scène Radio-Canada au Bas de la Baie.
Photo : Caroline Perron

Klô Pelgag

Est-ce qu’on peut premièrement parler de cette photo incroyable? Caroline Perron a merveilleusement croqué l’essence du concert de Klô Pelgag avec une partie de son groupe : ses trois grands-mères à broil. Le trio de musiciennes et de choristes formé des artistes N Nao, Laurence-Anne et Lysandre a, selon moi, volé la vedette. Elles étaient véritablement TOASTÉES! Comment font-elles — ainsi que Klô — pour se retrouver les unes par-dessus les autres, accroupies, secouant la tête de tous les côtés et ne rater aucune note? La virtuosité des voix angéliques de ce quatuor infernal m’a scié les jambes en deux. Moins de deux semaines après avoir vu le même show à La Noce de Chicoutimi, je peux dire haut et fort que cette prestation-là m’a fait vivre quelque chose de plus vibrant encore. La grande foule sagement assise sur des tas de foin et éclairée à la lueur de plusieurs feux de bois s’est rapidement levée pour danser avec Klô. Sincèrement, j’adore le cerveau de cette femme. On dirait qu’elle commence 40 phrases différentes dans sa tête et qu’elle nous les balance lors de ses interventions complètement loufoques.

Comment Debord dans la cour à Johanne.
Photo : Caroline Perron

Comment Debord

Est-ce que c’était la première fois que j’assistais à un spectacle de Comment Debord? Affirmatif. Et quel bon choix pour débuter ma deuxième journée au Festif. Je savais que j’allais passer un bon moment avec leur groove sans bon sens. J’ai pu apprécier leurs chansons connues et leurs nouvelles compositions bien «effouarrée» dans un bean bag. Le tout, dans la jolie et très grande cour de cette fameuse Johanne, une résidente qui accueille traditionnellement les festivaliers et les festivalières chez elle pour des concerts — je le jure, le monde de BSP est tellement généreux. Anecdote : le batteur du septuor s’étant blessé au poignet il y a quelques mois n’a pu jouir d’un premier spectacle avec sa bande. Toutefois, il a quand même fait la route de Montréal jusque dans Charlevoix pour accompagner son groupe et monter sur scène pour chanter la fédératrice Chandail principal. Vraiment chouette!

Le groupe pan-canadien The Franklin Electric à la scène du Quai.
Photo : Caroline Perron

The Franklin Electric

«No more FaceTime, we are real!» furent l’une des premières interventions du chanteur de la formation canadienne folk pop The Franklin Electric. Ils étaient effectivement en chair, en os et en générosité pour leurs fans réuni-es près des berges du Saint-Laurent. Le soleil se reflétait en milliers de petits miroirs sur l’eau légèrement turquoise du fleuve, à notre gauche. The Franklin Electric a servi un amalgame de pièces de leur répertoire ainsi que de leur dernier EP Inwards and Onwards. Difficile pour moi, qui n’est pas vendue à ce son indie de la décennie précédente, de dire quelles furent les nouvelles et plus anciennes compositions du groupe : tout sonnait semblable d’une chanson à l’autre. C’est une recette absolument réussie et efficace qui a fait leur succès dès leurs débuts, mais qui ne m’a pas surprise. Le tout fut extrêmement bien exécuté en direct. Le son était impeccable malgré l’immensité de l’environnement dans lequel ils ont dû jouer. Chapeau!

Le duo Dope.gng composé de Victor Tremblay-Desrosiers à l’avant et d’Igor Dubois
Photo : Samuel Gaudreau

Dope.gng

Sous un ciel aux nuages de plus en plus noirs, le groupe de hip-hop trap et punk a livré une performance tout simplement explosive. Sautant de gauche à droite de bord en bord de la scène aux allures industrielle de la Fabrique culturelle, on peut dire que Dope.gng possède un cardio de triathlonien. La pluie s’est pointé le bout du nez en fin de concert, menaçant de bousiller le matériel de leur DJ, qui tentait tant bien que mal de se protéger de l’eau grâce à une pauvre bâche. La chance était de leur côté, contrairement à la pauvre rappeuse Haviah Mighty, qui donnait un concert immédiatement après le duo. La suite, dans le prochain paragraphe…

La rappeuse torontoise Haviah Mighty sur la scène de la Fabrique culturelle.
Photo : Jay Kearney

Haviah Mighty

La pluie tombant incessamment sur la scène à ciel ouvert de La Fabrique culturelle a eu raison du matériel électronique d’Haviah Mighty. Sa prestation a commencé en retard, puisque son stock a pris la pluie, perdant ainsi pour 3000$ en valeur. La pauvre. N’étant même pas certaine de pouvoir offrir une prestation,la rappeuse torontoise nous a avoué avoir fondu en larmes juste avant de monter sur scène. Mighty a repris ses esprits et a honoré sa présence comme si rien de tout cela ne s’était produit. Malgré que l’artiste et productrice n’eût recourt à aucun effet sur sa voix et que mille et un problèmes techniques soient survenus, rien n’a empêché Mighty et sa DJ de nous en mettre plein la vue, fougueuse et reconnaissante. Comme elle venait de perdre beaucoup de sous, l’artiste a lancé à la blague qu’elle vendrait de la marchandise à la fin de son concert. J’avoue que son papier à rouler personnalisé m’a beaucoup tenté.

Crédit photo: Caroline Perron

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