Concerts

’77 Montréal 2019 au Parc Jean-Drapeau

La 3e édition de ’77 Montréal vient tout juste de se terminer et encore une fois, ce fut une réussite.

OK bye !

Ben non je niaise. Je vais vous en parler un peu plus longtemps.

Puisque les communautés punk et métal ne cohabitaient pas très bien lorsqu’elles étaient combinées en un seul festival (si l’on se fie aux commentaires négatifs de la page FB d’Heavy Montréal, à tout le moins), les programmateurs d’Evenko ont eu l’idée d’ajouter une troisième journée et de la consacrer au punk, laissant ainsi le champ libre aux métalleux qui sont incapables de blairer une coupe mohawk.

Je me suis toujours considéré comme un hybride. C’est-à-dire un gars qui aime autant le punk que le métal. Ça ne me dérangeait pas vraiment de voir NOFX jouer entre Testament pis Hatebreed. Mais bon, l’idée est bonne et tient le coup encore une fois et les punks et les métalleux qui se pensent dans des gangs rivaux sont contents. Ceux qui aiment tout ont une journée de festivités de plus.

Avant de parler plus en détail de ce que j’ai vu, je veux juste souligner que je me questionne beaucoup sur la pertinence du partage de mes opinions dans un océan d’information et d’expériences partagées en temps réel. Mais bon, puisque j’ai consommé quelques agents destructeurs d’ego, je pousse peut-être la réflexion un peu trop loin. Il reste que si jamais tu te sens blessé par certains commentaires, dis-toi que c’est juste l’opinion d’un dude parmi tant d’autres.

Quand le soleil est au rendez-vous

Je suis arrivé juste à temps pour attraper une partie de la performance de The Anti-Queens sur la scène de l’Est. Le trio de Toronto qui existe depuis plus d’une dizaine d’années mise sur un charme rebelle et des mélodies accrocheuses flirtant avec le grunge et le pop punk livre la marchandise. Parfait pour un premier contact intense avec le plein soleil.

Je me suis ensuite dirigé vers la scène du Jardin pour attraper le set de The Lookout. Le quatuor montréalais a gagné sa place au festival lors du concours annuel permettant à un groupe local d’avoir droit à une prestation rémunérée au 77. Cette victoire était bien méritée et celle qui se fait appeler Martha Rockhard donne une solide performance malgré le fait qu’elle manque se casser la gueule en raison d’un plancher de scène trop glissant, semble-t-il. Dans la foule, on aperçoit les membres de Red Mass qui succéderont à The Lookout sur scène par la suite.

Je me déplace vers la scène de l’Est pour attraper The Menzingers, mais je tombe sur la fin de The Dirty Nil qui ne m’accroche pas outre mesure. Je rencontre des amis et décide de retourner vers la scène du jardin pour ne pas rater le début de Red Mass. Le projet à géométrie variable de Roy Vucino est un incontournable de la scène locale et ils commencent à avoir un peu plus de visibilité malgré une existence underground de près de deux décennies. C’est en tant que quatuor que le groupe évolue par les temps qui courent, même s’il y a déjà eu plus de membres que Slipknot sur scène dans les premières années. Le show est solide et Roy chante mieux que jamais accompagné par Hannah Lewis, qui est également sa partenaire dans la vie et dans Birds of Paradise. Draps rouges recouvrant les moniteurs, grillz de dents en or et Philippe Skeene à la batterie sont d’autres ingrédients de ce spectacle réussi.

Premier contact avec la scène de l’Ouest pour le spectacle de Pulley, groupe que j’ai vu la dernière fois dans la seconde moitié des années 1990. À part les signes évidents du vieillissement, inévitables avant le doux repos du tombeau, c’était presque exactement le même show que quand j’avais 15 ans. Beaucoup de nostalgie au programme pour le punk trop jeune pour la première vague, mais trop vieux pour Good Charlotte. On aurait presque pu appeler le festival 94 Montréal cette année. Je reviendrai sur mes arguments un peu plus loin.

Retour à la scène de l’Est pour Four Year Strong, groupe que mon amie voulait vraiment voir et que je ne connaissais pas du tout. Des dudes en camisoles avec des manches de tatouages, des barbes taillées et des stretchs dans les oreilles arrivent pour nous livrer un bon 45 minutes de hardcore de joueur de basket bien exécuté même si c’est probablement le band le plus éloigné de mon spectre d’appréciation du punk.

Le meilleur

Heureusement, la suite des choses sauvera la mise puisque OFF! Embarque sur la scène de l’Ouest tout de suite après, alors je me suis garroché très tôt au-devant de la scène pour voir Keith Morris faire son test de son. Cet homme me fascine et j’observe chacun de ses mouvements avec attention. Pour les gens qui ne savent pas trop qui est ce petit bonhomme de 63 ans avec des dreads jusqu’au plancher, il était le premier leader de Black Flag et il a ensuite fondé les Circle Jerks. Il connaît un million d’anecdotes sur Hermosa Beach et il joue aujourd’hui dans le projet hardcore punk qui va bientôt commencer avec Dimitri Coats (Burning Brides), Stephen Macdonald (Redd Kross, Melvins) et Mario Rubalcaba (Hot Snakes). Un show de OFF! c’est toujours excellent. Pendant que les filles se pâment pour le beau Dimitri, moi, c’est résolument le leader qui a toute mon attention. Les gars de Wavves, qui jouent juste après sur la scène de l’Est sont aussi fanboys que moi et assistent au spectacle sur le côté de la scène jusqu’à ce que Keith leur dise de sacrer leur camp parce que leur spectacle va commencer bientôt. Le show tire à sa fin après 25-30 tounes d’une minute et demie et je suis rassasié. Meilleur spectacle du festival en ce qui me concerne.

Wavves a aussi assuré, mais à ce moment-là, j’avais besoin d’un break de soleil alors je me suis réfugié à l’ombre pour écouter les hits de King of the Beach de loin. Je suis retourné en avant pour voir The Exploited en me questionnant sur la décision de mettre leur chanteur Wattie Buchan sur une scène à 40 degrés, lui qui a eu un malaise cardiaque sur scène, il y a genre deux ans. Même s’il arrive à bout de souffle au bout des chansons, le spectacle reste très solide et il n’y a pas d’émeute cette fois-ci (2004 never forget). Les coupes mohawks de toutes les couleurs croisées sporadiquement sur le site sont toutes réunies dans le mushpit. Je n’ai jamais été fan des Exploited, mais je souris à l’idée que plusieurs vieux bonhommes s’imaginent exactement le spectacle que j’ai dans la face quand ils voient des « marginaux ».

Succès souvenirs

Retour sur la scène du jardin pour les furieux Cro-Mags, ou ce qu’il en reste, vu que cette version du groupe est celle du chanteur et du batteur, mais que les autres membres roulent aussi en se faisant appeler Cro-Mags et que toute cette histoire va se finir en cour. Copyright is the new punk.

Je n’ai jamais trop embarqué dans Pennywise. Même quand j’écoutais Bro Hymn avec des kids de 13 ans dans des partys de sous-sol, j’avais hâte que ça finisse. À en juger par l’enthousiasme foudroyant de leurs fans, j’étais tout seul dans ma gang. Une autre excellente raison de rebaptiser le festival 94 Montréal. J’entends quand même quelques tounes qui me font me rappeler mes journées à la rampe de skate d’Alma, dont Peaceful Day et Perfect People. Mais moi, honnêtement, la nostalgie, c’est pas trop mon truc.

Retour au jardin pour les Avengers, seul band de l’affiche qui jouait en 1977. Je ne peux pas vraiment être nostalgique de la musique d’un groupe que je n’ai jamais écouté dans le temps. Le set punk garage accrocheur du groupe de Penelope Houston est amplement satisfaisant. Leur reprise de Paint It Black des Rolling Stones est d’ailleurs supérieure à l’originale, selon moi. Sacrilège !

Plat principal

Maintenant, il reste la tête d’affiche de 94 Montréal : Bad Religion.

J’ai toujours entretenu une relation ambigüe avec le groupe de Brett Gurewitz et Greg Graffin. J’ai beaucoup aimé leurs premiers albums et j’ai arrêté de les suivre avec leur sommet créatif de 1992 à 1994. J’aime bien entendre les grands classiques de cette époque, mais j’ai toujours trouvé que les gars étaient un peu plates sur scène. Ça ne s’est vraiment pas amélioré avec le temps. Cependant, je vais leur donner un point pour le simple fait qu’ils font preuve d’une énergie un brin renouvelé depuis le dernier spectacle que j’ai vu en 2013. La sortie de leur premier album en 6 ans (le fort respectable Age of Unreason) y est sûrement pour quelque chose.

À ce moment-ci, la chaleur excessive de la journée a un peu tué la motivation du public et les gens sont aussi smooth que Greg dans le pit. On entend plusieurs gros succès tels que Them and Us, No Control, 21st Century Digital Boy, Skyscraper, Recipe for Hate, Infected et bien sûr American Jesus en guise de dessert et c’est ce qui boucle cette 3e édition de ’77 Montréal.

En termes de bilan global, c’était encore une fois très agréable, même si le nouveau site est très grand pour la quantité de fans que l’événement attire. On y a perdu un brin de l’aspect chaleureux que l’on a beaucoup apprécié lors de la 2e édition. L’an prochain, il faudrait faire venir un gros groupe qui transcende la ligne entre punk et métal, ne serait-ce que pour attirer davantage le public d’Heavy Montréal. Il n’y a qu’un band qui pourrait assurer de remplir le site de gens à ’77, finalement. Je parle bien sûr de la formation originale des Misfits avec Glenn Danzig, Doyle et Jerry Only qui tourne en ce moment. C’est clairement sur ma wishlist pour l’année prochaine.

2 commentaires

  1. Frank, le 2019-07-30 à 19:54

    Misfit c’est de la marde

  2. Jo, le 2019-07-31 à 12:50

    Original Misfits, oh que oui!

Exprimez-vous!





Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.