Chroniques

« Vive le hip-hop! » : Entrevue avec François Mayer de Lampion

Lampion fait paraître son premier album en carrière, S.M.T.F.E le 6 mai 2022. Le Canal Auditif s’est entretenu avec le chanteur du trio, François Mayer, pour en discuter.

« Vive le hip-hop! », me lance François Mayer, le chanteur de Lampion, en toute fin d’entrevue téléphonique lorsque je lui demande s’il a quelque chose à rajouter. Ce n’est pas anodin comme déclaration. Le hip-hop semble jouer un rôle très important pour le trio formé d’Alexis Gagnon à la batterie, Johan Maestro à la guitare et François Mayer au chant.

L’importance du rap pour Lampion

Lorsque je le questionne à savoir s’il y a des groupes qui ont influencé le trio pour les 10 pièces qui composent S.M.T.F.E, Mayer m’explique où il a puisé ses inspirations musicales pour la pièce Primitif(ve) : « au début de la chanson, on est passé par des idées plus Travis Scott. […] Après ça, on essaie d’explorer des idées, on repensait à de vieilles chansons comme Wherethey@ de Dead Obies, comment ils ont réussi à rendre ça fucking cool un truc qui bounce, qui est quand même hard, mais que ça reste hip-hop. Ce sont des influences que tu penses quand tu crées un peu. »

À côté de celui de Dead Obies, le nom de Loud Lary Ajust apparaît dans les influences directes de cet album. Le groupe 1975 joue également un rôle important dans la création de Lampion. Après tout, le trio se targue de mélanger le rock alternatif, l’électro, la pop, le jazz et le rap. Pourquoi? « En fait, c’est surtout l’espèce de melting pot de toutes nos influences », m’explique le chanteur de Longueuil. « Autant qu’on écoute beaucoup de rap québ et qu’on trouve ça très cool, autant on a beaucoup d’influence électro, rock des années 2000. On a beaucoup d’influences… par exemple, 1975 qui utilise beaucoup de sons 80s. On écoute tout ça, et on se dit « il y a une raison pourquoi tout ça nous rejoint. On peut créer quelque chose au milieu de tout ça. » Je pense qu’on le fait assez naturellement parce qu’on tripe pas mal sur le même genre de vibe en musique », continue-t-il.

Le poids des attentes

L’acronyme du titre de ce premier album, S.M.T.F.E, signifie Self Made Tools For Entertainment. Ce dernier vient de « l’idée qu’on crée, oui, mais avec des exigences artistiques, personnelles, mais aussi avec des exigences des demandes d’un public ou d’une industrie. […] C’est un peu cette espèce de rapport machinal à l’art qui est exprimé dans le concept. »

Bien s’entourer, un atout!

Pour mettre en musique ce concept, Lampion s’est entouré de deux réalisateurs : Alexandre Lapointe (The Brooks) et Pascal Chenard. Il rencontre le premier grâce au concours-vitrine Les Francouvertes, auquel la formation prend part en 2021. Lapointe est alors le bassiste de Bermuda, projet qui joue la même soirée que Lampion. « Il nous a fait une bonne poignée de main à la fin et nous a dit : « on va peut-être se reparler », se rappelle François Mayer. Et c’est ce qui s’est passé. Pour ce qui est de Pascal Chenard, il s’agit d’un ami de longue date des trois musiciens. Ce dernier, contrairement à Lapointe qui est « plus un vieux de la vieille », comme le qualifie Mayer, « connait plus l’esthétique de 1975 et des influences un peu plus modernes et électros », définit Mayer. « Le mix entre les deux était parfait pour nous diriger dans le projet », conclut-il.

D’ailleurs, le groupe faisait paraître leur premier EP en 2018. Qu’est-ce qui a changé pour les musiciens en 4 ans? « On a surtout été chercher des sons plus modernes au niveau de l’esthétique électro et tout, ce qu’il n’y avait vraiment pas dans le premier EP. Ça prend pas mal beaucoup de place dans notre nouvelle vision artistique », affirme-t-il. Le groupe a d’ailleurs été signé au début de la pandémie. La pause imposée par la pandémie les a forcés à prendre un « moment pour rebrasser nos idées », explique Mayer.

Écoutez l’album