Chroniques

Sara Dufour : entrevue bottes ou talons hauts?

Sara Dufour a été passablement occupée dans les dernières années. Un premier album, 120 représentations du spectacle, puis un deuxième album qui s’enchaîne aussi avec une tournée. On a pris quelques minutes pour jaser tout ça avec elle.

Soyons bien honnêtes, j’avais un angle en tête. J’étais prêt. Mais ce n’est pas comme ça que ça se passe toujours dans la vie. Sara Dufour est une conteuse née et rapidement les questions ne sont qu’un prétexte pour parler de la vie et de ses chemins sinueux qui nous mènent à des endroits inusités.

Sa route à elle la mènera prochainement à Coup de cœur francophone pour un spectacle au Verre Bouteille en trio, puis ce sera un arrêt au Grand Théâtre de Québec le 28 novembre en format sextette. Ce sera une première pour la jeune femme qui pourra rendre les chansons avec tout le spectre sonore qu’on retrouve sur son album sorti en avril dernier.

C’est après m’avoir répondu candidement que le vendredi soir, ça se passait en bottes, sauf si elle sortait avec sa sœur, dans ce cas, les talons hauts étaient de mise, que tout a déraillé. Parce que j’ai parlé de Watatatow. Sara Dufour a joué dans la série après avoir gagné un concours à l’époque. « Je suis allé chez Jean-Coutu pour aller chercher un formulaire. J’ai mis ma photo de finissante, parce que j’étais en secondaire 5. J’ai été retenue, il y avait une audition sous forme d’improvisation, puis il y avait une audition à Montréal avec une vraie scène. Tout ça allait sur internet et le monde votait. À Dolbeau, j’avais fait des grosses pancartes que j’avais affichées partout. Pis j’ai gagné. J’ai fait mon épisode. Puis, ils m’ont rappelé l’année d’après. Et encore l’année d’après et je leur ai dit : Heille, je déménage à Montréal! Je me suis retrouvée régulière pour la dernière saison. »

Le monde est petit

Imaginez-vous donc que sa présence chez Watatow a fait en sorte qu’elle a rencontré Myriam Huard qui est comédienne, une amie et aussi la femme d’un de mes meilleurs amis. Je sais, c’est hyper anecdotique. Mais je veux simplement que vous compreniez pourquoi la conversation a chirée comme ça. On est parti et Sara s’est mis à me jaser de comment je me suis retrouvé derrière le Canal. Et ça, ça nous a menés à jaser des changements de vie qui l’ont mené où elle est rendue.

« Quand Watatatow a fini, on m’invitait dans des 5 @ 7 et on me disait : il faut que tu ailles parler avec tel producteur. Il faut que tu serres la main à tel autre. Je n’étais vraiment pas bien. J’ai arrêté de faire ça. Je faisais de la figuration une fois de temps en temps. Mais pendant ce temps-là, la musique était toujours là et je me sentais moi-même. » C’est pour cette raison qu’elle a laissé de côté la carrière de comédienne pour aller du côté de la musique.

« Vers 25 ans, je me suis demandé où je m’en allais. Tu sais, j’avais une vie stable, j’avais un chum, on s’était construit une maison, j’avais une vie que beaucoup de filles auraient rêvé avoir. Je travaillais dans une compagnie de construction, puis après chez Desjardins. Tout ce bagage-là dans ma vingtaine, m’a aidé à me cadrer et m’a servi une fois musicienne. C’est sûr que j’aurais aimé ça partir en voyage à 22 ans pis vivre les trips que le monde vive à cet âge-là. Moi, j’ai commencé à vivre ça à 29 ans. »

OK? Mais la musique?

Les questionnements du milieu de la vingtaine l’ont mené à se demander ce qu’elle voulait faire réellement. Et c’est là qu’elle est tombée sur L’école nationale de la chanson à Granby. « Mais tu sais, moi je ne pouvais pas avec la business de construction, je ne pouvais pas y aller. J’ai quand même écrit au directeur de l’école qui m’a dit que les auditions étaient passées, mais en me suggérant d’envoyer quand même mes affaires. D’un coup que quelqu’un changerait d’idée. »

Et quelqu’un a changé d’idée. Ce qui a mené Sara Dufour à l’école de la chanson. Mais là, il fallait le dire au chum qui n’était pas encore au courant. « J’étais contente, mais j’étais un peu dans m****. Finalement, je suis entrée et tout le monde m’a aidé incluant le chum. Des changements qui ont mené à une séparation. Un couple c’est une danse, quand tu changes la dynamique, ça change la donne. »

C’est en 2014 que Sara Dufour s’est rendu compte qu’il était temps de plonger pour vrai. Elle est partie avec une poche de linge, son 4 roues, son trailer et sa guitare. Le temps donne raison à Sara Dufour.

La question dans le fond, ce n’était pas botte ou talons aiguilles du tout. En fait, c’était à tout moment les deux pieds bien campés dans la terre, groundé dans le sol, les yeux rivés sur le futur avec les deux mains dans aujourd’hui.

J’ai pu choisir des moments d’entrevues pour ne pas vous écrire un roman. J’aurais pu vous parler de sa difficulté à s’adapter à Montréal et son besoin culturel d’aujourd’hui, sa vie semi-route, semi-trail des amitiés de la vie qui change, de ce que ça demandait faire une carrière de comédienne et une panoplie d’autres sujets.

Ce sera pour une autre fois.

Prendre un 45 minutes pour jaser avec Sara Dufour, c’est une expérience franchement humaine. Imaginez en show…

Vous pourrez la voir au Verre Bouteille dans le cadre de Coup de cœur francophone le 16 novembre ou au Grand Théâtre de Québec en full band le 28 novembre prochain.

*Cet article a été rédigé en collaboration avec L-A be.

Crédit photo: Daniel Robillard

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