Chroniques

Salomé Leclerc : se créer un nouveau terrain de jeu

Il y a un an Salomé Leclerc présentait Les choses extérieures, son troisième disque. Après un an de tournée, elle arrive avec une proposition en duo qui rock.

Salomé Leclerc était tout sourire à l’autre bout du fil quand je l’ai rejoint par une grise après-midi d’octobre. En fait, son ton était l’exact contraire du climat. Un an depuis la sortie de l’album et quelques dates de spectacle derrière elle, Salomé Leclerc est en train de trouver ses aises dans une nouvelle configuration scénique. « Ce duo du FME a donné des idées pour le reste de la tournée. » Ce duo, c’est celui d’elle et de José Major, son collaborateur de longue date. Ce qui attend les spectateurs c’est un duo guitare / batterie comme les Whites Stripes, mais en version Salomé Leclerc.

Approcher la scène différemment

Ça fait quelques dates qu’ils jouent en paire et il y a un changement chez Leclerc qui s’est opéré. « C’est le fun parce qu’en duo ça me permet de prendre vraiment plus de place à la guitare. Si je ne la prends pas, il n’y a personne d’autre pour le faire. On s’est créé un nouveau terrain de jeu avec plusieurs petits camions et plusieurs petites pelles. »

Ce nouveau terrain de jeu amène de nouvelles contraintes aussi. L’une d’elles est le nouveau rapport qui s’installe entre Salomé Leclerc et le public. « Je me rends compte qu’en duo je permets d’être plus proche du public. Je me permets de leur parler. J’ai dû apprivoiser ce côté-là dans ma carrière. J’avais peur de briser le momentum des musiciens. Des fois, nous étions 6 sur scène. On dirait qu’à deux, je me sens plus libre. Je me suis dit que j’étais capable de parler à une personne à la fois de manière décontractée, donc je pouvais faire comme si je m’adressais à chacun individuellement. Depuis l’été passé, j’ai pris confiance et quelque chose s’est libéré en moi. »

La complicité est toujours au rendez-vous par contre. Surtout que José Major et Salomé Leclerc se connaissent depuis belle lurette. « J’ai hâte parce que je sens que les choses sont placées depuis le dernier spectacle. Ça fait tellement longtemps que Joe et moi on travaille ensemble. On n’a même plus besoin de se regarder, on fait seulement s’écouter. Et on sait prendre la place quand c’est le temps et laisser la place à l’autre quand il le faut. »

De plus, cette configuration de groupe rend les choses plus brutes. « Ce qui est fascinant, c’est que j’ai l’impression, qu’il y a un côté plus brut en duo qu’en groupe complet. À deux, j’ai une guitare et Joe des tambours. Il peut bien frapper sur son synthétiseur une fois de temps en temps, mais ça reste assez raw comme son. » De plus, Salomé Leclerc aime défaire les arrangements pour les spectacles et rendre ses pièces de nouvelle manière.

Un an plus tard

En octobre 2018, Les choses extérieures arrivait et a rapidement gagné la faveur de la critique. « Il y a eu de super moments, je suis passé par une tonne d’émotions. Les choses se sont enchaînées. Je ne croyais pas être dans ce mood-là à ce moment-ci. Sortir un disque, c’est toujours énorme. Ce disque-là, ç’a été le plus grand défi de ma carrière, et peut-être même de ma vie, et là de voir les nominations de l’ADISQ, ça fait du bien. »

D’ailleurs, c’est une belle surprise de voir trois femmes en nomination dans la catégorie auteur-compositeur. Salomé Leclerc, Ariane Moffatt et Alexandra Stréliski ont participé à une très belle entrevue par la collègue de La Presse, Josée Lapointe dernièrement. C’est rafraîchissant d’enfin voir des femmes dans cette catégorie qui a trop longtemps été un château fort d’hommes.

Salomé Leclerc sera en spectacle le vendredi 1er novembre 2019 dès 20h avec Laurence Castera en première partie à la salle du Moulinet du Théâtre du Vieux-Terrebonne.

*Cet article a été rédigé en collaboration avec le Théâtre du Vieux-Terrebonne.

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