Critiques

Salomé Leclerc

Les choses extérieures

  • Audiogram
  • 2018
  • 35 minutes
7,5

Ça fait environ quatre ans que 27 fois l’aurore a consacré Salomé Leclerc en tant qu’auteure-compositrice-interprète de qualité. Sa voix légèrement éraillée avait trouvé le chemin des oreilles de nombreux mélomanes. Elle a pris aussi du temps pour aller visiter l’Europe à quelques reprises. Voici qu’elle nous revient avec Les choses extérieures, un nouvel album qui tout comme le précédent confirme le talent de la jeune femme.

Pendant ces quatre années, bien des choses ont changé. Leclerc a eu la possibilité de jouer sur de plus grosses scènes, de se joindre à des projets divers, dont Légendes d’un peuple avec Alexandre Belliard. On retrouve tout de même la jeune femme là où on l’avait laissé avec 27 fois l’aurore. Les textures sonores se ressemblent à quelques exceptions près, notamment les petits moments de noise dans Des plumes et des ombres.

Par contre, il y a quelque chose de totalement différent des albums passés, cette fois-ci, Salomé Leclerc a tout fait sur l’album. Elle a écrit, composé et réalisé l’album. Elle s’est tout de même entourée d’Antoine Corriveau à la direction artistique, Philippe Brault qui est proche du projet depuis les débuts de sa carrière, Sébatien Blais-Montpetit qui a enregistré les sessions, Mélanie Bélair qui a ajouté des arrangements de cordes, Félix Dyotte qui a accompagné l’écriture et Ghyslain-Luc Lavigne qui a assuré le mix final.

On trouve sur Les choses extérieures des moments aux ambiances musicales intéressantes, notamment sur Dans une larme sur laquelle un grondement sourd menace d’exploser à tout instant. Leclerc est là pour chanter doucement comme elle seule en connaît le secret. Ses mélodies sont souvent efficaces comme sur Chanson #7 (Les choses extérieures), dont l’air reste coincé dans la tête. On y trouve aussi un procédé que Leclerc utilise à plusieurs reprises sur l’album, des contrastes rapides d’ambiance. Passant de moments sobres à des envolées rondes, elle nous déstabilise. C’est le cas aussi sur Ton équilibre alors que les claviers viennent tout changer pour le refrain.

Nos révolutions est le titre le plus surprenant de l’album alors que l’échantillonnage se met de la partie. Leclerc se permet aussi de s’amuser un peu plus avec sa guitare sur Les choses extérieures. Le mois de mai est peut-être celle qui s’aventure le plus dans le champ gauche. Pas nécessairement en raison de sa mélodie, mais plutôt sa trame qui est décousue par moment et qui est remplie de détails surprenants et nuancés.

On sent sur Les choses extérieures que finalement Salomé Leclerc parle beaucoup plus des choses intérieures, qu’elle essaie de nouveaux chemins, qu’elle tente de nouvelles expériences. Ça lui sourit, même si dans son ensemble, c’est un album qui colle moins bien ensemble que 27 fois l’aurore avant lui.

On peut dire : mission accomplie pour Salomé Leclerc qui présente Les choses extérieures, son troisième album. Un album d’essais et d’aventures à la hauteur du talent de cette auteure-compositrice-interprète. Eh puis, c’est toujours une bonne nouvelle lorsqu’on entend de nouveau la voix légèrement éraillée de la jeune femme.

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