Chroniques

Pour changer les choses, il faut des bâtisseurs (et des licornes)

La première fois que je suis rentré en contact avec la sclérose en plaques, j’avais peut-être 13 ou 14 ans. Dans ce temps-là, je trainais avec un gars qui s’appelle Vincent. Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi il se tenait avec moi. J’étais le pire joueur de l’équipe de basket du haut de mes 5 pieds, lui il était le plus grand et le meilleur. Il était cute pis il pognait avec les filles, moi… misère. Il était cool, mais pas moi.

Vincent c’était un bon jack. Un gars vaillant. Pis sa mère avait la sclérose en plaques. Ça fait longtemps, mais j’ai un souvenir assez précis de lui demander ce que ça voulait dire. Il m’avait répondu quelque chose du genre :  « ça veut dire que des jours tout va bien, pis des jours elle n’est pas capable de marcher. » Le genre de chose que tu comprends à moitié quand t’es ado pis que tes questionnements sont beaucoup plus égocentriques du genre.

Bref, tout ça pour dire que Vincent avait déjà manqué une journée d’école, même s’il était pas mal studieux, parce que sa mère ne filait pas. C’est bizarre, mais ça devient tangible, dans ces moments-là difficiles, ce que ça peut être la maladie ou la souffrance. Avant on peut être empathique, mais quand ça arrive dans ton quotidien, ça prend une dimension différente.

Il y a quelques mois, Sophie a fait son coming out. Je connais Sophie depuis longtemps. C’est une des premières personnes de l’industrie que j’ai rencontrées à mon premier FME, il y a cinq ans. Sophie, elle a du chien, le genre de personne qui fait que les choses se passent. Lisa Leblanc l’a même qualifié de « licorne ». Une corne qui te rentre dans l’estomac, ça fait mal, fait que tu te tasses. C’est un peu la même affaire avec Sophie. Si elle a décidé qu’elle allait passer, t’es mieux de te tasser. Sophie c’est une passionnée. Le milieu culturel en est plein, des gens qui se donnent tout entier à ça. Qui travaille parfois jusque tard dans la nuit. Des gens qui écrivent un texte au lieu de souper parce que faut que ça sorte. Parce que ce qui est là en dedans, ça prend tout la place. C’est peut-être un peu une maladie mentale. Mais bon, ça fait que les choses se passent.

Sophie est comme ça. Entière. Fait qu’avec son diagnotisque de sclérose en plaques, Sophie a organisé un show-bénéfice. Parce qu’elle est bonne là-dedans. Une fois, elle avait organisé une fête pour Lisa Leblanc, pis ça avait été épique ben raide. Elle est bonne. Sophie a préparé un spectacle-bénéfice qui rassemble beaucoup de jeunes. Pis en plus, comme le dirait si bien Émile Bilodeau : « ce qui m’a fait triper c’est que ça soit paritaire ». Parce que même sans faire attention, Sophie était paritaire.

Les artistes qui ont décidé de se donner au jeu, c’est des bons êtres humains. Oublions la job et la distance qu’il faut se donner la plupart du temps. Ce sont des êtres humains de qualités. Des gens qui se donnent pour essayer de changer le monde à leur façon. Comme Sophie. Et pour d’autres, comme Rosie Valland, c’est parce que c’est une amie. Et l’amitié, c’est beau. Fait que je ne vois pas de bonne raison d’être absent du Club Soda le 15 septembre.

En plus, la fondation qui est derrière tout ça a décidé de créer un fond Sophie Berriault qui va soutenir un chercheur à la maîtrise ou au doctorat qui œuvre pour améliorer le sort des gens aux prises avec cette maladie. Prendre 14 médicaments par jour, c’est beaucoup quand tu reçois ton diagnostic au début de la trentaine. Au moins, tu peux vivre un peu mieux. Mais faut quand même que tu fasses ça quotidiennement.

Le spectacle se passe le 15 septembre au Club Soda avec Lisa LeBlanc, Klô Pelgag, Galaxie, Safia Nolin, Émile Bilodeau, Geoffroy, Rémi Chassé, Dany Placard, Rosie Valland, Laura Sauvage et Les Chercheurs d’Or. Pis tout le monde veut faire des collaborations ensemble, fait que ça va être unique comme spectacle. Pis je pense que l’atmosphère va être bonne.

Pis pour que ça se passe, ça prend des licornes comme Sophie Berriault et ces artistes qui bâtissent un futur, peut-être juste un peu moins rough.

Pour des billets, c’est par ici.

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