Chroniques

Maison Barclay Canada : Le début d’un temps nouveau!

Oui, comme le chantait Renée Claude en 1970 et qui a endisqué chez Barclay entre 1969 et 1974, c’est le début d’un temps nouveau! Il y a désormais une nouvelle maison de disques dans le paysage musical québécois. Maison Barclay Canada, fondé le 17 juin dernier, lance le premier disque de son histoire le 1er novembre prochain, celui d’Eli Rose dont les vidéoclips hyper léchés (dont celui de la chanson Origami avec Fouki) ont fait fureur en amont de sa sortie.

Pour l’instant, deux artistes sont mis sous contrat chez MBC, l’autre étant  l’auteur-compositeur de 35 ans, Karim Ouellet (gagnant du prix Juno de l’album francophone de l’année 2014 pour Fox) dont l’entente était terminée avec l’étiquette de disques de Québec, Coyote Records. Pour la partie spectacle, Ouellet a récemment joint Spectra Musique qui agit à titre d’agent et producteur de ses spectacles. Eli Rose elle, est prise en gérance chez La Maison Fauve et par Paradigm Talent Agency pour la scène. Rose a jusqu’ici une expérience de scène est assez modeste; des premières parties d’Angèle, des showcases à Paris en mai et juillet dernier, les Francofolies de La Rochelle… la jeune femme s’est surtout consacrée à terminer son disque. Mentionnons que ces deux artistes étaient déjà sous contrat avec Universal Music Canada avant de changer d’adresse.

Guillaume Moffet, 37 ans, est l’homme qu’a approché Jeffrey Remedios, président d’Universal Music Canada qui, comme on le sait, fut le patron de l’étiquette indé Arts and Crafts (Feist) pour diriger les destinées de la frange Québec des activités de la multinationale du disque.

«Quand  je suis entrée en poste, je suis tombé sur un statut Facebook d’il y a cinq ans où je disais: un jour, j’aurai mon propre label. C’était une prémonition!! Mettre sous contrat des artistes et mener à bien des projets, c’est un rêve devenu réalité. On veut que dans l’industrie, ça apporte quelque chose de plus, qui vient complémenter ce qui existe déjà. On n’arrive pas en disant: Bonsound et Dare to Care, watch-out! On s’en vient jouer sur votre terrain, ce n’est pas ça du tout. On vient complémenter l’offre avec une autre façon de faire».

Relevant directement de Jeffrey Remedios, le bureau de Moffet est à Toronto où il habite depuis quelques années, même si l’adresse civique de MBC est dans le Vieux-Montréal. Remedios trouve qu’il y a un grand bassin de talent chez nous, ça tombe bien, Moffet est un développeur hors pair (voir autre article). 

«Il est emballé par le grand bassin de talent ici. Je respecte énormément le «indie dude» qui s’en va dans une multinationale, c’est un move fascinant. Bien sûr, le contexte n’est pas idéal pour se lancer dans l’aventure, on vit une période tourmentée au niveau de la vente de disques, il y a beaucoup de maisons de disques qui ont émergé, c’est un défi et un projet ambitieux. J’étais chez Spotify à Toronto, je ne pensais pas changer de job, j’étais bien là», de confier Moffet.

Et le principal défi, ce sera quoi? «On veut explorer d’autres moyens que les méthodes actuelles afin de bien faire les choses, avoir un souci de la qualité de production, de son, de mixes, de vidéoclips et de look, surtout dans la pop, on ne peut pas lésiner sur les moyens, on veut de la musique d’ici qui s’exporte avec des artistes qui vont incarner le son de Montréal et de la francophonie canadienne. On regarde vers l’avant. Il y a moyen de faire de la pop sur une note personnelle et pas quétaine».

Je cite en exemple pour comparer un brin avec Eli Rose: Jain, Angèle, Sigrid qui est venue à Osheaga…«Il y en a plein!», de constater Moffet qui n’a pas peur d’être cantonné dans son rôle de directeur comme un cadre, à analyser des chiffres et approuver des budgets. Sa plus grande force est sur le terrain.

«Là, ça fait cinq mois que je suis en poste, je touche du bois. Être directeur, ça ne veut pas dire rester dans mon bureau. On va signer quelques artistes dans l’optique de les développer. Dans dix ans, il y aura quelqu’un de plus jeune pour me guider dans les tendances. On veut proposer des musiques qui sont dans l’air du temps. La place des femmes en musique au Québec, je ne pense pas qu’on met tous les efforts nécessaires pour permettre aux femmes de faire de la musique, d’en vivre et d’être épanouies. Je n’ai pas toutes les réponses, mais avoir un radiodiffuseur devant moi qui me dit: j’ai trois filles en rotation forte, je ne peux pas en avoir une quatrième, je vais crier!»

Karim Ouellet sera le second artiste à paraître chez MBC en 2020. Pas de date de sortie encore. «Un disque est en train de se faire, c’est un album vraiment ambitieux pour lui, ça va faire un clash entre l’album trois et quatre. On connaît son talent de compositeur et de mélodiste, mais là ça va être un disque à la fois personnel et plus grand public. Je suis super confiant!»

D’ici la fin de l’année, Maison Barclay Canada va annoncer l’identité du ou de la troisième artiste à grossir les rangs de l’étiquette. «Ce sera quelqu’un qui représente bien Montréal, musicalement. Puis, un autre nom sera éventuellement annoncé. On est rendu à quatre. Toujours avec ces mêmes critères: novateurs, exportable et ancré dans le son de la métropole.

«On veut que les artistes soient bien servis, c’est beaucoup de travail, on en est conscient».

Pour en connaître plus sur Maison Barclay Canada

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