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Les marées de Petite-Vallée: Un alliage éclectique pour Tire le Coyote

Le Festival en chanson de Petite-Vallée n’était pas à bout de créativité cette année. En effet, l’événement gaspésien a demandé à Louis-Jean Cormier, Klô Pelgag et Tire le Coyote de réunir des artistes avec lesquels ils avaient envie de bâtir chacun un spectacle de grande envergure. De ces collaborations sont nés trois concerts thématiques qu’ils ont baptisés Les grandes marées.

Aujourd’hui, on s’entretient avec l’auteur-compositeur-interprète Benoît Pinette (Tire le Coyote), idéateur de La marée du Coyote, qui aura lieu le 7 juillet prochain à l’Esplanade du Théâtre de la Vieille Forge lors du Festival en chanson de Petite-Vallée.


Au moment de notre entrevue, à la fin du mois de mai, Tire le Coyote et sa bande viennent tout juste de terminer leurs répétitions. Ils présentaient justement la veille au soir la Première de La marée du Coyote au Grand Théâtre de Québec. « On s’est couché tard hier! », ricane Pinette au bout du fil.

Très satisfait de la prestation, Tire le Coyote remontait justement sur scène pour la première fois en un an et demi, et ce, au même endroit où il avait offert son dernier spectacle avant la pandémie. « J’étais nerveux, confie-t-il avec un sourire dans la voix. Ça m’a surpris, parce que je suis anxieux dans la vie, mais les spectacles ne m’ont jamais tant énervé que ça. […] Mais tant mieux, je trouve que c’est bon signe. […] C’est un excellent sentiment et ça prouve que je ne suis pas blasé et que j’ai envie de bien faire les choses! »

Sortir de sa zone de confort

Le musicien québécois a choisi de rallier les talents assez diversifiés merci du rappeur KNLO (Alaclair Ensemble), la Révélation Radio-Canada Ariane Roy, Luc De Larochellière et sa compagne Andréa Lindsay, la chanteuse Mamselle Ruiz ainsi que le compositeur et multi-instrumentiste Jeannot Bournival, avec qui il vient de sortir l’EP de reprises Le temps des autres. On apprend de la bouche de Pinette quela paire fera entendre effectivement quelques pièces de ce microalbum collaboratif.

Le choix des artistes a été une décision prise de pair avec Alan Côté, le directeur général et directeur artistique de Petite-Vallée, qui a proposé à Pinette d’aller dans une direction différente, tout en misant sur des artistes basés dans la ville de Québec.

« Le réflexe dans ces moments-là c’est d’aller vers des gens qui te ressemblent, qui ont les mêmes influences que toi. Alors je suis sorti de ma zone de confort. Alan et moi on a eu un bon « ping pong » quand on s’est proposé des artistes. »

Crédit : Christine Berthiaume Photographe

Littérature, poésie et mythologie

Aidé par la dramaturge, comédienne et musicienne Inès Talbi à la mise en scène, Pinette a embrassé les mythologies du coyote, de la nature et de la lune pour le concept de son spectacle La marée du Coyote.

« Le choix des chansons, pas toutes, mais plusieurs, ont été faits en fonction de ça. Certaines chansons ont rapport à l’eau, à la marée, à la lune, au soleil, à l’aspect très nature, surtout sur un site comme celui que Petite-Vallée peut nous offrir. »

« Puis sinon, c’est sûr que moi, j’aime beaucoup la poésie, et je savais qu’Inès aussi. Elle lit beaucoup! On s’est lancé beaucoup de références littéraires, des espèces de textes d’auteurs qu’on aime qui pouvaient entrer dans la thématique de ce spectacle-là et la représentation du sauvage, justement, de la mythologie du coyote. On a intégré quand même quelques lectures dans tout ça, selon l’univers des artistes qui sont sur le spectacle. »

On souligne que Pinette ne fait pas « qu’aimer » la poésie. Il en écrit, il en mange, il en vit. Tellement, qu’il sera juré pour le Prix de poésie Radio-Canada 2021 aux côtés de la poète Lorrie Jean-Louis et le romancier, essayiste et poète J.R. Léveillé qui aura lieu en novembre cette année.

Crédit : Mathieu Doyon

Le retour à la normale

Parlant de poésie, on n’est pas étonné de savoir que Tire le Coyote a la mine affinée. Il a effectivement pris le congé forcé de la pandémie pour se pencher sur un recueil de poésie. Ça s’appelle La mémoire est une corde de bois d’allumage et le livre a été publié en février dernier, chez les Éditions de la Peuplade. Cependant, Pinette souligne que ce projet était surtout pour se reposer physiquement et mentalement.

« J’avais eu une longue tournée suite à Désherbage qui m’a emmené dans des zones où j’avais de la difficulté à écrire à ces moments-là. Puis, pendant la pandémie, j’ai eu besoin de m’en éloigner, de l’écriture de chanson. Alors j’ai écrit mon petit recueil de poésie, j’ai travaillé sur différents projets de réalisation, de musique de documentaire et des trucs comme ça. C’est suite au petit EP avec Jeannot que je me suis mis à temps plein sur l’écriture du prochain album. La pause a fait du bien! »

Ce nouveau matériel, on aura le plaisir de l’entendre et d’en voir les couleurs lors de ses prochains spectacles solos, et non avec La marée du Coyote. « Je commence à enregistrer là. Je prévois l’album pour le début 2022 », annonce Tire le Coyote.

Assistez à La marée du Coyote le 7 JUILLET 2021 | 20:00 | ACHETER UN BILLET

*Cet article a été rédigé en collaboration avec le Festival en chanson de Petite-Vallée.

Crédit photo: Facebook