Chroniques

Les expéri-mentions : octobre 2020

Juste le meilleur des sorties expérimentales du dernier mois!  5 albums parus dans les dernières semaines, parfois exigeants, parfois moins, mais qui valent le détour.

Cécile SeraudShoden (Indépendant) 

Néo-classique

Le terme japonais « shoden » désigne les premiers enseignements reçus dans une matière donnée et on l’associe régulièrement à la pratique du reiki. Sur son premier album, la pianiste bretonne nous offre justement une offrande aussi méditative qu’évocatrice, allant chercher ses inspirations autant chez Chopin et Satie que chez Ólafur Arnalds. Avec douceur, poésie et un petit côté philosophico-new-age, elle nous offre un album sur le thème de la beauté humaine autant que celle de la nature.

Efrim Manuel MenuckBaby It Has To Fall (Constellation) 

Pop ambiante

L’étiquette montréalaise Constellation offre chaque semaine des nouveaux extraits de ses artistes dans le cadre d’une série nommée Corona Borealis qui vise à les soutenir financièrement. La deuxième de 16 est signée par le membre de Godspeed You! Black Emperor et de Thee Silver Mt. Zion qui s’y fait fort revendicateur, comme à son habitude, en abordant le thème du racisme institutionnalisé et de la répression autoritariste. On y sent des pointes autant aux États-Unis qu’à la tragique situation arménienne.

Joeri ChipsvingersDe Avonturen van Joeri Chipsvingers (Fons) 

Musique contemporaine

Ma première réflexion à l’écoute de cet album-là, ça a été de me dire que c’est probablement ce que ça donnerait si Modest Mouse décidait de jouer Le Sacre du printemps de Stravinski. Le Flamand Joeri Chipsvingers (Joeri Doigts de chips) nous offre, avec son ensemble de 11 musiciens, une première œuvre aussi déjantée qu’accessible, loin des codes traditionnels et parfois rébarbatifs de la musique savante. Un album bon à s’en lécher les doigts, comme après avoir mangé un sac de Doritos!

Joni Void & N NAONature morte (Laaps)

Électro poétique

Après une première collaboration sur la pièce Non-dit, tirée de son album Mise en abyme (2019), le Montréalais Jean Cousin officialise son alliance musicale avec Naomie De Lorimier sur ce premier album d’une série de quatre, semble-t-il. Organisé comme une sorte de collage sonore, Nature morte laisse place au meilleur des deux individus pour un résultat difficile à classer où la voix somptueuse et poétique de Naomie se fait entendre sur un fond de musique bruitiste et cryptique qui n’en devient que plus belle.

Mary LattimoreSilver Ladders (Ghostly International) 

Ambient acoustique

Après avoir collaboré avec des artistes de la trempe de Julianna Barwick, suite à la parution de son excellent album Hundred of Days en 2018 ou d’avoir prête sa harpe à des groupes plus pop comme Holy Hive, la musicienne de Los Angeles revient avec une œuvre encore une fois magistrale. Enregistré avec l’aide de Neil Halstead (Slowdive), ce nouvel opus offre une profondeur sonore encore inégalée dans sa carrière, profondeur issue d’une série d’improvisations enregistrées rapidement, mais fort réussies.

Autres mentions :

Akira Kosemura – True Mothers OST (Schole)
Néo-classique / Musique de film

Brian CaseParallel Voices (Hands in the Dark) 
Ambient industrielle

Snowdrops – Volutes (Injazero)
Ambient / Néo-classique

Oneohtrix Point NeverMagic Oneohtrix Point Never (Warp)
Électro

TerrineS/T (Crochet) 
Techno minimale

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