Chroniques

Entrevue avec Sara Dufour : surfer la vague

Sara Dufour est la porte-parole de Chante en français cette année. Depuis qu’elle a participé au concours, elle a fait du chemin. Une route qui l’a mené sur les planches du Centre Bell en décembre dernier.

Dors-tu des fois? C’était une de mes premières questions à Sara Dufour quand on s’est connecté sur Zoom. De sa maison au Saguenay-Lac St-Jean, elle m’assure que c’est une « dormeuse ». L’année 2021 a été particulièrement mouvementée pour Sara Dufour. Au printemps, elle change de gérant pour Karl-Emmanuel Picard, l’homme derrière les productions District 7 et l’Anti Bar & Spectacles à Québec et elle prend du même coup une pause de sa carrière, car sa mère est très malade. La pause ne sera pas aussi longue qu’elle l’aurait souhaitée. Les événements se bousculent, elle revient en spectacle plus tôt que prévu et se retrouve en première partie des Cowboys Fringants en décembre dernier.

Comme c’était le troisième spectacle des Cowboys Fringants, Sara Dufour arrive dans un Centre Bell où elle a beaucoup de temps pour son test de son. Celle qui était partie de Baie St-Paul le matin même après avoir fait Le Festif! à l’école, a un rapport très « thérapeuthique » avec la route. Ça lui permet de s’ancrer. Puis, elle décide de dédier sa première partie à sa mère parce que : « ma mère avant de mourir, elle m’a dit :  » Sara quand je ferme les yeux je vois une grosse vague. Je vois une grosse vague pour ta carrière. Vas-y fonce.  » Suite à son décès, les Cowboys m’appellent pour leur première partie, j’apprends que je pars en France pour des spectacles, on me sollicite pour la télé, ça arrête pu, et ça n’arrête pas encore! Je me suis dit : check-moi ben faire du surf sur la vague. Tout ce que j’ai toujours voulu arrive. Je suis au Centre Bell, je dédie ma première partie à ma mère. J’avais oublié qu’on avait laissé une caméra sur la scène. Je me sentais portée, ç’a l’air ésotérique. Puis, le monde qui était là s’est mis à crier le nom de ma mère après la dédicace. »

« Il n’était pas supposé y avoir de clip pour ça, mais je me suis dit comme pour le compost, tant qu’à le faire, faisons le bien. Quand je suis allé voir le site de compostage de Dolbeau-Mistassini ici, j’ai trouvé une pomme de douche, un morceau de pelle, une drill… Je me suis dit, c’est une joke! Moi ça me parlait, fait que j’ai embarqué. Pis là, il y a des professeurs qui sont en train de l’apprendre à des enfants dans leurs classes. Un peu comme pour Alaclair Ensemble avec la Ville de Laval, je voulais quelque chose de simple qui serait comme une comptine. »

Pourquoi Chante en français

Sara Dufour a une relation particulière avec le concours Chante en Français parce que c’est le premier concours où elle remportait un premier prix. « Quand tu commences une nouvelle job, t’as envie d’avoir l’approbation de tes collègues et c’est comme ça que je l’ai vécu. » Non seulement le concours l’avait décorée, mais en plus elle est tombée en amour avec la mission de celui-ci. La fondation qui soutient les activités du concours provient de la fortune d’un mécène montréalais, Raoul D. Gadbois qui, à sa mort, a assuré la pérennité de l’organisme avec un don annuel. Il a fait tout ceci en l’honneur de son frère, l’abbé Charles-Émile Gadbois, qui était un passionné de chanson. Parce que non seulement elle est la porte-parole du concours, mais elle a déjà remporté le premier prix!

En tant qu’artiste d’expérience, est-ce que Sara Dufour a des conseils à donner à ceux qui voudraient s’essayer? « Je te dirais que si la personne a une once d’hésitation à le faire, la réponse c’est oui! Vas-y! Tu ne le sais pas où ça va te mener. » Ce n’est pas tout, elle rappelle aussi que : « reste toi-même. Pas besoin de t’inventer des affaires. »

Vous pouvez donc rester vous-même et vous inscrire ici!

*Ce texte a été rédigé en collaboration avec la Fondation Do-Mi-Sol.

Crédit photo: Susan Moss