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Une lettre ouverte dans Le Devoir dénonce le traitement des autoproducteurs à l’ADISQ

Un lettre cosignée par plusieurs artistes qui sont aussi producteurs et la présidente de l’UDA fait jaser à la veille du gala de l’ADISQ.

Alors que dimanche soir, les artistes défileront sur le tapis rouge avant le gala de l’ADISQ, certains d’entre eux n’ont pas le cœur à la fête comme l’explique une lettre ouverte publiée dans Le Devoir signée par Tanya Kontoyanni, la présidente de l’UDA, Guillaume Déziel et les auteurs-compositeurs-interprètes Pierre-Luc Brillant, Joe Bocan et Daniel Boucher. En plus de ceux-ci, 164 artistes ou sympathisants signent la lettre qui demande à l’ADISQ de revoir son traitement des artistes autoproducteurs. Selon la lettre, ceux-ci n’ont pas le droit de vote comme les autres membres et ne peuvent pas joindre le comité d’administration de l’ADISQ. Autrement dit, ils n’ont pas de voix sérieuse à travers l’ADISQ.

De plus, la lettre met en évidence certains liens entre le CA de l’ADISQ et celui de la SODEC alors que certains administrateurs siégeraient sur les deux. Cela voudrait dire, toujours selon la lettre, que les maisons de disque ont un poids beaucoup plus important que les artistes dans le processus d’octroi de subvention et dans la gouvernance de l’industrie musicale. Cette lettre s’inscrit dans une longue bataille de reconnaissance que les artistes autoproducteurs mènent depuis une dizaine d’années. De plus, la lettre dénonce que l’ADISQ fait du surplace dans la négociation de deux conventions collectives avec l’UDA et la guilde des musiciens au désavantage des artistes. Il est question notamment d’une convention échue depuis 1998.

On retrouve parmi les signataires de nombreux artistes établis comme Pilou, Safia Nolin, Jérôme Minière, Daniel Boucher, Joe Bocan, les membres de Valaire, Philippe Brault, Catherine Major et plusieurs autres.

Quelques nuances

Comme l’explique Jacynthe Plamondon-Émond, fondatrice d’Amplitude Distribution, qui n’est pas membre de l’ADISQ, dans la lettre ouverte, il est déclaré que « 80% des producteurs d’ici sont des artistes-entrepreneurs », alors que cela est une interprétation d’une donnée dans un rapport de la SOPROQ qui est l’une des sociétés de gestion pour les droits d’auteurs. Elle n’est pas la seule, ce qui veut dire que la donnée pour 2019-2020 qui est utilisée est partielle et non complète. De plus, la SOPROQ ne compte que la musique enregistrée et non la production de spectacle.

De plus, elle apporte de la nuance dans les liens qui sont mis de l’avant entre la SODEC et l’ADISQ. Elle rappelle d’ailleurs que la problématique de l’incorporation qui est soulevée dans la lettre ne relève pas de la SODEC, mais bien du ministère qui est le maître des statuts de chacun des organismes subventionnaires. Dans sa structure, la SODEC existe pour subventionner des entreprises (mais elle refuse de subventionner les médias numériques culturels qui en sont, même si c’est dans sa loi, vous avez bien raison) alors que le CALQ subventionne les artistes et les OBNL.

Dans son statut, Jacynthe Plamondon-Émond jette aussi un regard beaucoup plus nuancé sur les conventions collectives qui sont échues. Vous pouvez lire son statut complet ici:

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