Francouvertes 2026 | Dans le casque d’écoute d’Irdens Exantus, Fyore et De Lafe
De Lafe
De Lafe propose un rap traditionnel où les mots occupent la place. Il a un bon flow et rappe autant les sujets de la rue que des introspections. Né à Laval de parents ivoiriens, il aime le métissage et, musicalement, il s’inspire autant de guitariste japonais que des grandes tendances américaines des dernières années.
Et sa sélection
Tuerie — Prêche!
« Prêche de Tuerie est la première chanson que je soulignerais. Cette chanson représente beaucoup pour moi, de la première phrase à la fin de la chanson. La franchise avec laquelle l’artiste s’exprime me permet de moi-même incarner son narrateur. Des problématiques que je vis à celles que je tends à éviter à l’avenir, ce morceau est un cri du cœur que je n’ai pas encore eu l’étoffe de peaufiner. De son projet « Bleu Gospel », c’est ce morceau qui m’a le plus frappé. « J’ai giflé un pote blanc qui m’a dit on dit quoi mon n*gro wesh !? Quand j’regarde dans l’retro, y’avait d’l’amour dans mon geste. » Cette phrase ouvre exceptionnellement bien la porte de ce second regard et j’ai senti dès lors que ce morceau ne me laisserait pas indifférent.
Terrace Martin — Griots of the Crenshaw District (avec Hit-Boy, Kamasi Washington et Robert Glasper)
« Griots of the Crenshaw District de Terrace Martin est le second morceau que citerai. Me déplaçant seul et en ville pratiquement tout le temps, ce qui équivaut facilement au quart de ma journée comme j’habite en banlieue, j’ai besoin de romancer ces moments d’introspection trop bruyants pour un silence criard et trop étroit pour un morceau de trap classique. C’est là que Terrace Martin intervient. Jazz énergique et sans rappeur, cette chanson me donne l’impression d’être à la fin de l’épisode d’une série dont je suis le personnage principal. Elle m’emplit de bonnes aspirations, de question sur l’avenir, mais surtout, comme toutes bonnes fins, la place des uns et des autres dans les crédits de ma vie. Qui a joué quel rôle et en es-tu conscient ? C’est la version compliquée d’explications selon lesquelles je suis en train de ressasser chaque moment de la série comme un film sur ma vie. Cette sensation s’est imprégnée chez moi. »
Black M — Mme Pavoshko
« La dernière chanson que je citerai sera Mme Pavoshko de Black M parce qu’elle a fait mon enfance. Tout mon secondaire, je n’ai jamais vraiment écouté de rap et ce n’est que plus tard que je me suis rendu compte que de ce morceau à pâte un peu plus pop découlait et un genre dont je ferai ma direction et un artiste qui en fait partie et que je respecte énormément. C’est la chanson que l’on chantait avec bien des camarades du même quartier que moi dès que l’on rentrait à la maison en bus et elle est importante à souligner, parce que c’est là que j’ai inconsciemment commencé à écouter ce que j’appelle »Mon rap. » »
On se voit mercredi le 25 mars pour cette dernière soirée des préliminaires.