This Is Lorelei
The Singer in My Band
- Matador
- 2026
- 35 minutes
This Is Lorelei est le pseudonyme de Nate Amos de Water From Your Eyes lorsqu’il crée en solo. L’auteur-compositeur-interprète a lancé des albums en solo au cours de deux dernières années, Box for Buddy, Box for Star et Holo Boy, en plus de lancer un album avec Water From Your Eyes, It’s a Beautiful Place. Voici que le prolifique artiste revient avec The Singer in My Band, son troisième album solo.
J’aime beaucoup la direction de pop alternative que This Is Lorelei avait prise à ce jour. Sur The Singer in My Band, Nate Amos prend un virage plus folk-country. Il faut dire que son père, Bob Amos est un musicien bluegrass et folk qui joue avec Sarah, la sœur de Nate en duo. Venant des parties rurales du Vermont près du Canada, c’est d’une certaine façon un retour aux sources. Si This Is Lorelei ne laisse pas de côté entièrement son goût pour les aventures musicales alternatives, on est tout de même dans un registre plus fédérateur sur The Singer in My Band.
So you might not know what Billy’s got to lose
And you don’t know if he gets high to sing the old music
But without that love a track is just a track
And when he sang that love, we all came running back to hear him sing
— Billy Came Back
Nate Amos s’est construit une toile composée de plusieurs personnages qui lui servent de conduit pour chanter sur des sujets variés. On retrouve donc Billy, un chanteur de karaoké passionné, Sarah, Geneviève et Buddy qui se retrouvent dans des situations tout aussi variées qu’il y a de chansons sur The Singer in My Band.
Parmi les moments les plus réussis de ce nouvel album, on retrouve Billy Came Back et sa trame folk-rock plutôt directe qui commence avec une partition de batterie qui donne l’impression que quelqu’un va lâcher un : « Oh Mickey, you’re so fine » chaque fois. Heureusement, tout change de direction quand Nate Amos commence à chanter. C’est relativement simple et efficace comme pièce. Le refrain est accrocheur et c’est facile de s’y abandonner et de taper du pied. The Kid With the Crown, l’un des moments les plus rock de l’album, est aussi appréciable avec sa mélodie convaincante et ses riffs de guitares enlevants. Oh No Now My, une pièce de rock mélancolique offre aussi de bons moments avec ses salves régulières.
Par contre, dans le lot, il y a aussi des pièces qui ne ressortent pas du lot, comme Watching Heaven fall qui sonne comme la moitié des pièces de country des années 70. C’est bien exécuté, mais c’est loin d’être une pièce originale. Même chose pour I Will Eat My Heart in the Morning Light qui lance l’album sur une pièce plutôt country qui ne propose rien de neuf. Si les arrangements de voix sont efficaces, les mélodies sont très convenues. Sailing (You’re Baby’s Down) est aussi incroyablement anticlimatique, bien qu’une petite passe de guitare atypique dans la progression des notes fait vivre quelques émotions, le reste est aussi plat que les prairies canadiennes.
En général, Nate Amos propose une interprétation tout à fait adéquate sur The Singer in My Band. Tout comme tout est bien performé. Ceci étant dit, c’est un album fait à la fois de moments intéressants et de moments qui tombent à plat. Un album mi-figue, mi-raisin qui ne vaut le détour que pour ses moments brillants.