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Critiques

Overmono

Pure Devotion

  • XL Recordings
  • 2026
  • 40 minutes
7,5

Ce second album d’Overmono était certainement l’une des sorties dance les plus anticipées de l’année 2026. En portant le même titre que leur série de performances en club depuis 2024, Pure Devotion suggérait l’idée d’un projet fait sur mesure pour ce genre de scène. D’autant plus que leurs chansons publiées depuis leur brillant premier album, Good Lies, allaient aussi dans cette direction. On avait d’ailleurs eu droit à des singles en collaboration avec Fred Again.. et Joy Orbison, maîtres dans l’idée de faire vibrer une foule. Or, ce nouvel album des deux frères gallois dévoile une intention plus nuancée.

Plusieurs des titres, dont celui d’ouverture, Lockup, présentent assurément cet aspect de grandeur et d’énergie live auquel on pouvait s’attendre. On n’a pas de mal à s’imaginer qu’il a été conçu pour être joué sur de puissantes enceintes, accompagné par des jeux de lumière euphorisants.

On bascule toutefois de façon assez inattendue vers des tempos plus lents avec Barum puis Mialon. Ces deux morceaux renversent l’énergie qui nous avait été proposée jusque-là : on a l’impression d’écouter des chansons pop presque au ralenti, emprisonnées dans l’univers d’Overmono. C’est assez minimaliste et franchement attrayant. Il y a là un virage qui rend leur musique plus accessible, peut-être au risque de déplaire aux puristes de leur auditoire.

Ce changement de ton donne malgré tout un souffle à leur projet. Les deux frères transmettent ainsi le message que leurs albums sont d’abord une expérience d’écoute, un mélange de genres et non une compilation de hits de tournée.

Slowmotion démontre justement comment le duo est influencé par d’autres genres que l’électronique. Les codes du rap moderne sont mis de l’avant sur celle-ci, et c’est très bien exécuté. Les deux collaborations avec la chanteuse pop Kindora prouvent, elles aussi, que la musique électronique peut être un moteur de fusion de styles plutôt qu’une fin en soi.

Parue en simple depuis plus de deux ans maintenant, la chanson Gem Lingo (ovr now) est celle qui nous rappelle davantage leur premier album : on y retrouve des jeux de textures et une certaine complexité rythmique qui en ont fait la marque de commerce en 2023.

Quelques morceaux de Good Lies mettaient toutefois de l’avant une atmosphère sombre, plus brute, qu’on ne retrouve pas dans ce nouveau disque.

Cela dit, on se doit de comprendre que dans Pure Devotion, l’accent est simplement mis ailleurs. Ed et Tom Russell a voulu miser sur les synthétiseurs des années 70 et 80, traduire l’énergie de leur travail en studio et créer des ambiances, puis des contextes d’écoute distincts pour chaque morceau. Là-dessus, c’est mission accomplie.

Ce que le duo vient chercher avec plusieurs de leurs nouvelles compositions, c’est aussi une énergie rassembleuse et uplifting qui se faisait plus rare à leurs débuts. Il n’y a donc aucun doute à avoir sur l’énergie que leur tournée apportera aux villes traversées.

Overmono n’a assurément pas tenté de recréer l’essence de son premier album. Ils en ont partagé une nouvelle qui présente une direction plus assumée que leur précédente – qu’on la préfère ou non. Si ce n’était pas déjà le cas, l’ensemble de l’œuvre des deux frères les place désormais parmi les incontournables de la scène électronique dance européenne.

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