The Strokes
Reality Awaits
- RCA Records
- 2026
- 43 minutes
Un quart de siècle après la parution de leur légendaire Is this it, les Strokes balancent leur septième album Reality Awaits combinant quelques valeurs sûres dans la dégaine, mais aussi des expérimentations perplexes. Comme en témoigne l’orgie d’autotune (oui-oui!) qui hante quelques pièces.
Comme ils ne veulent rien faire comme les autres – ou si peu- les gars imposent Psycho Shit, longue balade introspective, pour ouvrir l’album. Mais on ne peut résister à son apothéose noisy de la fin. Du grand art. Le simple Falling Out Of Love épouse les mêmes textures d’arpège, mais avec une construction sinueuse qui s’étire péniblement.
Dans le plus radiophonique, Dine ‘N’ Dash injecte une bonne dose de post-punk alterno – les guitares à la New Order notamment – frôlant le goth des origines. Porté par un débit de voix inusité qui se condense bien à la cadence soutenue par le hi-hat. Bonne dose de bruit sur la légèrement funky et brute Lonely in the Future. Elle se noie quasiment dans un amoncellement d’effets autant dans la basse que dans les six cordes. Mais elle se laisse apprivoiser après quelques écoutes.
Going To Babble On épouse l’univers de la dream pop, mais surtout de la new wave. Les petits licks de guitares, qui ont fait la gloire de la bande, sont particulièrement bienvenus dans le mix. Ça aussi, ça s’écoute bien. Genre de toune sympa pour un roadtrip sans destination précise.
Avec Going shopping, et son refrain jouissif, on en vient à se demander pourquoi The Strokes a mis leurs airs avec plus de potentiel dans la deuxième moitié de l’album. Et parlant de refrain efficace, The Fruits en Conquest nous en garroche qu’on retient dès qu’on le découvre avec ses allitérations : «They don’t obey so we won’t obey, yeah / I won’t obey, no, we won’t obey…» Tout ça au rythme d’un bon groove à la Franz Ferdinand, ou même des Stones du début des années 80.
Malgré ses qualités mélodiques, ce septième album des New-Yorkais reste surchargé dans son instrumentation. Tyrants of the Mellow Moon en est l’exemple le plus flagrant. La surabondance des rythmes superposés aux multiples pistes de guitares et basses qui ne vont pas nécessairement dans la même direction empêche la pièce de respirer. N’en ajoutez plus, la toune est pleine! Et cette manie de la surenchère en studio ponctue malheureusement plusieurs passages de Reality Awaits. Tellement qu’on en oublie l’omniprésence de l’autotune. Du moins, presque.